Nominé pour le Public Eye People’s Award 2013
par Urgewald, www.urgewald.org
En bref
Le cerbère étatique du charbon : avec ses quelque 400 millions de tonnes de production par an, Coal India est le numéro un mondial du charbon. La société exploite 90 % des centrales à charbon en Inde et souhaite en construire de nouvelles, ce qui placerait le sous-continent au troisième rang mondial des émetteurs de CO2. Les mines de houille détruisent l’habitat de grands mammifères et prive des peuples autochtones de leur moyens de subsistance et de leurs terres d’origine, les contraignant à vivre dans une pauvreté extrême. Rien que pour l’année 2010, le bilan accablant du groupe minier fait état de 205 morts et de 699 blessés graves, ce qui ne laisse pas de doute quant au caractère catastrophique des conditions de travail dans cette entreprise. Au moins 239 mines en exercice du consortium ne possèdent pas de permis d’environnement. Par ailleurs, corruption et népotisme sont des pratiques courantes dans le fonctionnement des affaires de la société détenue par l’Etat, qui devrait pourtant assumer à ce titre une responsabilité encore plus importante que des entreprises privées. Vu l’attitude intolérable de la société, les devises « Nurturing Nature » et « Enabling Life » inscrites sur son logo ne sont que pure mascarade.
Coal India
- Siège principal : Calcutta, Inde
- Branche : industrie minière
- Chiffre d’affaires / Bénéfice : 11,36 milliards de $ / 2,69 milliards de $
- En possession de : l’Inde 90 %, actions en bourse 10 %
- Collaborateurs : environ 350 000
- Directeur : S. Narsing Rao
- Site Internet : www.coalindia.in
Comportement irresponsable
Coal India exploite notamment des mines de charbon dans la région de Jharia, qui était à l’origine une surface forestière dense, peuplée par différentes minorités ethniques. Aujourd’hui, Jharia abrite 23 mines souterraines et 9 carrières à ciel ouvert d’où provient la majorité de la production en charbon indien. Le rôle obscur de Coal India dans le scandale du « coalgate » et plusieurs indices laissant supposer que la société vendrait de la houille à certains gros clients privilégiés à des tarifs bien inférieurs à celui du marché ne constituent que quelques exemples parmi d’autres qui soulignent combien la corruption et le népotisme sont monnaie courante dans cette société. En outre, les conditions de travail, les dispositifs de sécurité et les standards environnementaux sont parfois réellement désastreux.
Conséquences
Dans les mines, on observe régulièrement des feux de charbon souterrains, aussi spontanés qu’incontrôlés, qui dégagent des gaz toxiques. A Jharia, plus de 400 000 personnes vivent sous la menace permanente que le sol s’écroule en raison de ces feux. Des routes et des villages entiers ont dû être déplacés lorsque les lisières d’incendies s’approchaient trop. La température croissante de la surface terrestre et les substances toxiques infiltrées dans l’eau souterraine et dans le sol ont transformé ces terres houilleuses autrefois densément peuplées en terrains vagues incultes qui s’étendent progressivement. Les personnes vivant au-dessus de ces feux souterrains inhalent quotidiennement des gaz toxiques. Toute forme d’agriculture étant par conséquent devenue impossible, de nombreux villageois ont pour seul moyen de subsistance la collecte de restes de charbon, qu’ils échangent contre des revenus dérisoires.
Etant donné que Coal India possède 7 filiales, si bien que le groupe minier dirige près de 90 % des exploitations de charbon en Inde, les dégâts infligés à la population ne se limitent pas à celle de la région de Jharia. L’extraction de houille sur des territoires forestiers ne porte pas seulement atteinte à la nature et au climat, elle a également privé plusieurs communautés autochtones d’Inde centrale de leurs moyens de subsistance. En effet, plusieurs centaines de milliers d’autochtones ont déjà été déplacés à cause des mines de Coal India. Ces personnes vivent désormais dans une pauvreté extrême et nombreuses sont celles qui ont été déplacées de force, jusqu’à cinq fois en 25 ans. Le comble de la situation, c’est que ces personnes, bien qu’elles aient payé un lourd tribut pour le boom du charbon, n’ont toujours pas accès à l’électricité.
Par ailleurs, l’expansion de la carrière de l’une des filiales de Coal India, la Central Coalfields Limited, non seulement chasse des autochtones de leurs terres et détruit leur agriculture alors que le sol de cette région compte parmi les plus fertiles et les plus rentables de l’Inde, mais en plus, elle rend pratiquement impossible toute autre forme de vie aux alentours des mines, à cause de la pollution des fleuves et des explosions à la dynamite, qui provoquent des fissures dans les habitations.
Le déboisement et la fragmentation à grande échelle de la région, résultant de l’exploitation du charbon, représentent en outre l’une des principales menaces pour la survie du tigre indien. Au centre du pays, là où se trouvent les plus grandes mines de Coal India, ces dernières mettent en péril certaines réserves naturelles des plus importantes pour la protection des tigres, tels que les réserves de Tadoba Andhari ou de Bandhavgarh. Les projets d’expansion des mines constitue un réel danger pour les dernières populations de tigres.
En dépit de tout cela, destructions et déplacements continuent bon train : Coal India prévoit en effet de s’attaquer aux réserves de charbon encore inexploitées dans les forêts d’Inde centrale. Si ces projets voient effectivement le jour, plus d’un million d’hectares de forêt seront anéantis, entraînant des conséquences graves pour la biodiversité autant que pour le climat.
Revendications envers l’entreprise
Coal India ne doit pas être autorisé à construire de nouvelles centrales à charbon ni de nouvelles mines et doit se reconvertir dans les énergies propres en disant adieu à la houille. La société doit s’employer à améliorer radicalement les conditions de travail, les dispositifs de sécurité et les standards environnementaux.
Pour plus d’informations
« Coal India operating 239 mines without environment clearance » – The Economic Times
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«Five things about India’s coal scandal» – BBC
http://www.bbc.co.uk/news/world-asia-india-19463728
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«CAG, CBI should investigate corruption in Coal India FSAs» – Business Standard
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«How Coal-Mining is trashing Tiger-Land» – Greenpeace India Report
http://www.greenpeace.org/india/Global/india/report/How-Coal-mining-is-Trashing-Tigerland.pdf