Bangladesh: arrêtons l’hécatombe!

Lausanne, 11.04.2006 - Il y a une année aujourd’hui, l’effondrement de l’usine Spektrum à Savar au Bangladesh provoquait la mort de 64 personnes. Et cette année, entre février et début mars, 88 personnes au moins sont décédées sur leur lieu de travail dans l’industrie textile de ce pays. Pour que ce scandale prenne fin, la campagne internationale Clean Clothes soutient l’appel des syndicats du Bangladesh. Elle demande que la sécurité dans les ateliers soit assurée et que les clients des usines du Bangladesh, dont Carrefour, assument sans retard leur responsabilité.

Malgré des salaires de misère, les travailleuses et travailleurs qui cousent nos vêtements risquent continuellement leur santé et leur vie. Amirul Haque Amin, de la Fédération des travailleurs du textile du Bangladesh (National Garment Workers Federation, NGWF) pose un constat alarmant: « Sorties de secours bloquées, portes fermées et escaliers étroits constituent pour les jeunes hommes et les jeunes femmes qui confectionnent les habits de mode des Européens des pièges mortels ».

Ces conditions étaient celles des ouvriers qui ont cherché à échapper à l’effondrement de l’usine Spectrum le 11 avril 2005 à une heure du matin. Le bilan de cet accident est dramatique : 64 morts et 70 blessés, ainsi que des centaines de chômeurs à la recherche d’un nouvel emploi. Une année après cette tragédie, les groupes locaux et les syndicats appellent à plus de sécurité au travail. Le gouvernement du Bangladesh comme les clients de Spectrum (parmi lesquels Carrefour, Inditex/Zara, Karstadt-Quelle, des distributeurs actifs en Suisse) n’ont pas réussi à contrôler de manière suffisante cette usine. Afin d’éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise, toutes les parties prenantes doivent prendre ensemble les mesures de prévention qui s’imposent. D’autres parts des indemnités suffisantes et conformes à la loi doivent être versées aux familles des disparus, aux blessés et aux chômeurs.

« Les responsables n’ont rien appris de cet accident » constate Stefan Indehmühle de la Déclaration de Berne, coordinateur suisse de la campagne Clean Clothes. Une série noire récente en témoigne : Cinq accidents dans le secteur textile du Bangladesh, quatre incendies et un effondrement, ont provoqué la mort de 88 personnes et ont blessé 300 personnes, parfois gravement, depuis février dernier. Le dernier accident s’est produit le 21 mars dans une fabrique de vêtement de Chittagong où 44 personnes ont été blessées dans un incendie.

La Déclaration de Berne demande au gouvernement du Bangladesh et à tous les distributeurs qui se fournissent au Bangladesh d’assurer la sécurité au travail et d’indemniser les victimes des accidents. Elle demande en particulier à Carrefour de se joindre aux entreprises qui, comme Inditex et Soli Invest, ont déjà accepté de participer à un fonds d’indemnisation des victimes de l’accident du 11 avril 2005. La chaîne française, qui dispose de 11 filiales en Suisse, a jusqu’à présent refusé de participer à cette démarche collective. Les consommateurs et consommatrices ont la possibilité de se joindre à ces actions en téléchargeant des lettres sur le site internet de la Déclaration de Berne (www.ladb.ch).