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Barrage d'Ilisu: un nouveau rapport accablant

le 2 septembre 2008

Lausanne / Zurich, 02.09.2008 - Le second rapport d’experts sur le barrage d’Ilisu au Sud de la Turquie est accablant pour les responsables du projet. Si la construction du barrage devait débuter comme prévu au mois d’octobre de cette année, plus de 65’000 personnes déplacées ou affectées par les conséquences de ce gigantesque projet se retrouveraient dans une situation précaire. Les auteurs du rapport exigent un moratoire d’au moins 3 ans sur la construction du barrage.

En octobre 2006, les agences de garantie à l’exportation d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse ont conclu un accord avec la Turquie. Pour que les garanties à l’exportation soient effectivement accordées aux entreprises qui participent à la construction du barrage, les autorités turques s’étaient engagées à remplir 153 conditions, en accord avec les standards de la Banque mondiale. En février 2008, la commission d’experts mandatée pour veiller au respect de ces exigences avait déjà constaté que les progrès accomplis par la Turquie restaient très limités. Les agences de garantie avaient menacé de dénoncer les contrats en cours, incitant les autorités turques à établir un nouveau calendrier pour la mise en œuvre des conditions posées.

Dans son deuxième rapport, l’équipe d’experts dirigée par le professeur Michael Cernea de la Banque mondiale démontre qu’aucune avancée substantielle n’a été accomplie depuis lors. Le sort des personnes concernées par la construction du barrage ne s’est pas amélioré. Elles risquent de se retrouver dans une situation très précaire. Il n’existe toujours pas de terres arables de remplacement pour les habitants des 185 villages qui seront inondés. Les exigences des agences de garantie à l’exportation n’ont pas été prises en compte et les standards de la Banque mondiale ne sont toujours pas appliqués. Selon les recommandations de la Banque mondiale, ces exigences devraient être remplies 3 à 6 ans avant le début des travaux. La préparation du projet est déplorable et le rapport d’experts accablant.

Les experts ont également mis en évidence des tentatives de dissimulation de la DSI, l’agence turque responsable de la construction du barrage. Il est complètement irréaliste de penser que les exigences posées seront remplies dans les délais fixés par la DSI. L’agence a également affirmé avoir rempli certaines exigences alors qu’il n’en était rien en réalité. Les experts dénoncent des problèmes récurrents liés au système politique turc. En janvier 2008, et malgré plusieurs mises en garde, la DSI a entamé la construction de routes d’accès au chantier, d’installations militaires et de logement pour les ouvriers. Deux villages ont déjà été évacués, sans que des indemnisations suffisantes ne soient accordées aux habitants.

Pour la Déclaration de Berne, la coupe est définitivement pleine ! Les autorités turques ignorent toutes les recommandations relatives à la protection des personnes concernées ou à la sauvegarde du patrimoine culturel et de l’environnement et elles induisent en erreur leurs partenaires européens. Pour Christine Eberlein, responsable du dossier à la DB : «Pour l’heure, aucune terre arable ni logement de remplacement n’ont été trouvés et les indemnités prévues sont totalement insuffisantes ». La Déclaration de Berne exige que la Confédération mette immédiatement en œuvre les clauses de retrait de l’assurance contre les risques à l’exportation.

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