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Conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong: Le «paquet du développement» est un leurre

le 17 décembre 2005

Hongkong, le 16 décembre 2005 - Afin de ne pas rentrer les mains vides de la Conférence ministérielle de l’OMC à Hongkong, l’Union européenne, les États-Unis et le Japon ont appelé à un « paquet du développement » pour les pays les plus pauvres. Soutenue par la Suisse, cette initiative est en réalité un leurre. Elle passe à côté des vrais problèmes des pays en développement dans le commerce international.

Les principaux dossiers (l’agriculture, les services et les biens industriels) demeurant bloqués, les Etats-membres de l’OMC réunis à la conférence ministérielle de Hongkong sont en train d’élaborer un « paquet du développement » pour les pays les moins avancés. Ce paquet, proposé par les grands pays industrialisés et soutenu par la Suisse, comprend notamment deux points. D’abord, un accès libre de droits et de contingents pour les produits des pays les plus pauvres. Un élément en principe à saluer, même s’il n’est pas encore clair dans quelle mesure les PMA en profiteront vraiment ; par exemple, selon la formule retenue, les textiles du Bangladesh – essentiels pour leur économie - pourraient être exclus de telles préférences. Ensuite, un programme d’assistance technique et financière pour l’intégration des PMA dans le marché mondial (aid for trade). Là aussi, au-delà des déclarations d’intention, on ne sait pas d’où viendra cet argent. Ainsi, l’Union européenne a annoncé que les Etats-membres devraient payer leur part, alors même que ceux-ci n’ont pas été consultés.
Pour Alliance Sud, la Déclaration de Berne et Pro Natura, toutes présentes à Hongkong, ces deux initiatives ne sauraient remplir les objectifs d’un authentique round du développement. D’une part, elles ne concernent qu’une partie des pays en développement, en l’occurrence les pays les plus pauvres. D’autre part, elles ne corrigent en rien les manques et inégalités existantes au sein des accords de l’OMC.

Alliance Sud, la Déclaration de Berne et Pro Natura demandent au Conseil fédéral de s’engager pour les revendications suivantes :
Agriculture : les subventions à l’exportation doivent être éliminées sans tarder et un délai doit être fixé.
Services : le projet du 7 décembre 2005 est rejeté par de nombreux pays en développement, car il contient des dispositions (une approche plurilatérale) qui minent la flexibilité politique de l’accord actuellement en vigueur. Cette proposition doit être supprimée.
Biens industriels : les pays en développement doivent bénéficier d’une marge de manoeuvre suffisante pour pouvoir définir leurs tarifs en fonction de leurs besoins propres de développement. Les ressources naturelles comme le bois et les produits de la pêche doivent être exclues des libéralisations.

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