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Géants de la distribution: des prix cassés sur le dos des ouvrières

le 11 février 2009

Lausanne, 11.02.2009 - En Suisse, l’entrée sur le marché de grands distributeurs comme Lidl n’est pas seulement synonyme de prix cassés qui défient toute concurrence, mais elle soulève également de nombreuses questions éthiques. Dans le rapport Cash ! publié le 10 février 2009, la Campagne Clean Clothes (CCC) dénonce les pratiques commerciales des géants de la distribution Walmart, Tesco, Carrefour, Lidl et Aldi, qui accentuent de manière systématique la pression sur les fournisseurs et contribuent à l’aggravation des conditions de travail déplorables dans les usines des pays du Sud.

Loin d’assumer leur responsabilité, les enseignes de la grande distribution Walmart, Tesco, Carrefour, Lidl et Aldi profitent de leur taille et de leur énorme part de marché dans de nombreux pays pour faire pression sur les prix de leurs fournisseurs et obtenir des délais de livraison toujours plus courts. Cette politique d’approvisionnement est l’un des obstacles majeurs à la mise en œuvre des standards internationaux, que ces grands distributeurs se sont pourtant engagés à faire respecter.

Pratiques d’approvisionnement et conditions de travail déplorables


Les pratiques d’approvisionnement des géants de la distribution ont un prix ! À l'autre bout de la chaîne de production, les ouvrières des pays du Sud travaillent jusqu’à 90 heures par semaine pour un salaire dérisoire. Au cours de l’année 2008, la Campagne Clean Clothes s’est entretenue avec 440 travailleurs issus de 30 usines qui produisent des vêtements pour une ou plusieurs des cinq chaînes de supermarchés en question. Salaires de misère, horaires abusifs et répression violente des activités syndicales sont des pratiques courantes dans toutes ces entreprises.
En plus d’un code de conduite complet, les grands distributeurs doivent garantir sa mise en œuvre et prévoir une vérification externe des efforts entrepris. Le rapport Cash ! montre que les pratiques commerciales de ces grandes entreprises accentuent la situation de précarité des travailleurs du Sud, en portant notamment atteinte aux libertés syndicales et à l’introduction de salaires de subsistance, c’est-à-dire qui couvrent les besoins de base des employés et de leur famille. Elles empêchent également de mettre un terme à la discrimination liée au genre et favorisent le recours au travail temporaire. Les politiques d’achat et de prix des géants de la distribution doivent être modifiées en profondeur. Les gouvernements doivent également s’impliquer davantage et s’assurer que les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) soient intégrées dans la législation nationale et appliquées de manière efficace.

Les grands distributeurs suisses peuvent faire mieux


Malgré leur position dominante sur le marché suisse, Coop et Migros peuvent difficilement être comparées avec les géants de la distribution au niveau international. Pourtant, par leurs récentes baisses de prix, elles participent aussi à la course aux prix les plus bas. Dans le secteur textile, Coop et Migros ne font toutefois pas partie des pires entreprises du marché en termes d’engagement social et environnemental. Le label Naturaline de Coop, par exemple, répond à des exigences élevées. En revanche, les deux entreprises refusent encore d’adhérer à l’organisme de vérification indépendant Fair Wear Foundation, un pas supplémentaire qui leur permettrait de jouer un rôle de pionnier dans l’amélioration des conditions de travail dans l’industrie textile.

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