Chemin de navigation

Retour à la page principale

La mode est-elle éthique? La DB fait le portrait des principales entreprises textiles

le 15 novembre 2010

Lausanne, le 15 novembre 2010 - Dans le cadre de la Campagne Clean Clothes, la Déclaration de Berne a demandé à 80 entreprises du secteur textile si les vêtements qu’elles proposent sont produits dans la dignité. Alors que seules 4 firmes s’engagent réellement, 47 font des efforts limités. Quant aux 25 restantes, la responsabilité sociale ne semble pas faire partie de leurs priorités. Les fabricants de vêtements «streetwear» et dédiés aux sports de glisse, tels que Burton, Carhartt ou Quiksilver, investissent beaucoup pour soigner leur image, mais préfèrent garder le silence quant aux conditions de production de leur marchandise.

Sur les 80 entreprises sollicitées par la DB/CCC – 76 proposant leurs propres produits et 3 détaillants – 54 ont rempli le questionnaire, une participation nettement supérieure à celle enregistrée lors des évaluations de 2008 et 2009. La branche «outdoor», qui s’était distinguée l’année passée par son mutisme, a cette fois-ci fait preuve de davantage de transparence. Les firmes allemandes Schöffel et Vaude, dont les résultats à l’évaluation 2010 sont encore insuffisants, ont d’ores et déjà annoncé qu’elles entendaient devenir membres de la Fair Wear Foundation d’ici à la fin de l’année. En rejoignant cet organe de vérification indépendante, dont les standards sociaux sont les plus élevés de la branche, ces deux entreprises prendraient un engagement sérieux en termes de responsabilité sociale.

Mais toutes les firmes ne font pas des progrès en la matière. Des entreprises suisses comme Charles Vögele, Schild ou Triumph se contentent de respecter des normes sociales minimales. Non seulement elles ne s’engagent pas à payer un salaire de subsistance à leurs couturières, mais elles refusent de soumettre leur chaîne d’approvisionnement à une vérification indépendante. De plus en plus d’entreprises se sont certes dotées d’un code de conduite, mais pour beaucoup d’entre elles, il est difficile de savoir dans quelles mesures celui-ci est mis en œuvre dans les usines et s’il influence réellement leur politique d’achat.

Parmi les entreprises interrogées, 15 ne fournissent aucune information quant aux lieux de production de leur marchandise. Il s’agit notamment de Burton, Carhartt, Etnies, Nitkit, Notro et Rip Curl, qui proposent des vêtements «streetwear». Otto’s n’a quant à elle pas souhaité répondre au questionnaire. Par l’intermédiaire de son avocat, elle a toutefois menacé d’engager une procédure judiciaire si la DB/CCC publiait son évaluation de l’entreprise.

Trop souvent, l’engagement social, l’équité et le respect des standards sociaux minimaux dans les usines se résument à des arguments de marketing. Par cette évaluation, la DB/CCC propose aux consommatrices et consommateurs un instrument leur permettant de s’affranchir des discours publicitaires et de faire des choix avertis. En plus des profils d’entreprises publiés sur internet, un guide d’achat de poche est également disponible, à commander gratuitement auprès de la Déclaration de Berne.

Retour à la page principale