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Le Public Eye dévoile les rencontres secrètes de l’élite suisse

le 18 janvier 2010

Tour-de-Peilz (VD), le 18 janvier 2010 - À l’heure des derniers préparatifs avant Davos, la Déclaration de Berne (DB) et Greenpeace Suisse, les deux organisations responsables du Public Eye, attirent l’attention sur le rassemblement annuel de l’élite économique et politique suisse à Rive-Reine au moyen d’une action nocturne avec des projecteurs. Elles exigent la transparence sur les contenus et les objectifs de cette rencontre discrètement organisée par Nestlé.

De nuit, une immense installation diffuse le message: «Public Eye is watching you!» sur la façade du centre de congrès de Rive-Reine au siège de Nestlé. Dix jours avant l’ouverture du Forum économique mondial (WEF) à Davos, Greenpeace et la DB braquent ainsi les projecteurs sur le déficit flagrant de démocratie que constitue la rencontre de Rive-Reine à la Tour-de-Peilz. Chaque début d’année, les plus hauts dirigeants de l’économie et de la politique suisses débarquent près de Vevey à pas feutrés. Ni l’identité des dirigeants d’entreprises, des chefs de partis et des conseillers fédéraux invités, ni le sujet de leurs discussions ne sont connus du grand public: «Nos échanges ne font l’objet d’aucune publicité» précise chaque fois le carton d’invitation signé jusqu’à présent par l’ancien membre du conseil d’administration de Nestlé, Kaspar Villiger.

La rencontre est organisée par la fondation Avenir Suisse et la NZZ, qui n’en a jamais informé ses lecteurs. En toute discrétion, ce cartel de dirigeants aborde des questions stratégiques de la plus haute importance. Accords bilatéraux, politique commerciale, crise financière, questions sociales et marché du travail: autant de problèmes qui devraient pourtant être traités dans le débat public et non par une alliance de patrons et de hauts responsables politiques derrière des portes closes. La réunion de Rive-Reine est un désaveu non seulement des citoyens mais aussi du Parlement suisse.

Greenpeace et la Déclaration de Berne exigent une pleine transparence. Le public doit savoir qui sont les invités, de quoi ils discutent et avec quels résultats. Ces dix dernières années, le Public Eye a conduit à une ouverture au moins apparente du WEF. Cela ne peut pas être pour retrouver à Rive-Reine des rencontres soustraites à toute publicité. Les liens entre les réunions de Vevey et de Davos ne se limitent pas à une simple coïncidence de calendrier. Nestlé est depuis des décennies un partenaire stratégique du WEF; Peter Brabeck, président du conseil d’administration du groupe veveysan est aussi un membre influent du conseil de fondation du WEF. Le pasteur Thomas Wift, président de la Fédération des Églises pro-testantes de Suisse, co-organisatrice de l’Open Forum de Davos avec le WEF, confère également par sa présence une apparence de légitimité spirituelle à la réunion de Rive-Reine.

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