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Les ONG suisses saluent une percée lors de la Conférence de Nagoya sur la biodiversité

le 29 octobre 2010

Avec l’adoption sur le fil d’un accord contre la biopiraterie et d’objectifs globaux en matière de biodiversité jusqu’à 2020, la Conférence de Nagoya a finalement débouché sur des résultats positifs. La Déclaration de Berne, Pro Natura et l’Association suisse pour la protection des oiseaux ASPO/BirdLife Suisse tirent néanmoins un bilan en demi-teinte de cette conférence. Elles déplorent notamment le fait que les objectifs de biodiversité 2020 aient été affaiblis et que l’accord contre la biopiraterie comportent encore des failles.

L’accord contre la biopiraterie était sur le point d’échouer lorsque le Japon, pays hôte de la Conférence, a proposé un texte en dernière minute, qui a finalement été adopté lors de la dernière séance de travail. Fruit d’un consensus, ce protocole de Nagoya concernant l’accès aux ressources génétiques et le partage équitable des avantages qui en sont tirés n’est que partiellement contraignant. Sa plus grande faiblesse réside dans la définition trop vague des points de vérification (check-points) dans les pays exploitant ces ressources. Sans davantage de contrôles, les violations des règles éthiques de la Convention sur la diversité biologique vont persister. Globalement, l’existence d’un tel protocole est toutefois à saluer : le devoir des pays utilisateurs de lutter contre la biopiraterie y est dorénavant clairement inscrit, alors que les droits des communautés indigènes s’en trouvent renforcés.

Autre sujet de satisfaction: les 193 Etats signataires présents ont pu se mettre d’accord sur un objectif général et 20 cibles spécifiques à atteindre en matière de biodiversité d’ici à 2020. Malheureusement, du fait des débats intenses opposant pays industrialisés et pays en développement, ces objectifs ont dû être revus à la baisse. Ainsi, selon l’accord obtenu, seuls un minimum de 17% de la surface ter-restre et 10% de la surface maritime devront être protégés, alors que 25%, respecti-vement 20%, seraient nécessaires. De plus, la perte d’habitats naturels d’ici à 2020 devra uniquement être réduite de moitié, et seulement complètement stoppée «là où cela est possible».

Le soutien économique devant accompagner les mesures prises en matière de biodiversité par les pays en développement et les pays émergents a également fait l’objet de marchandages jusqu’au bout. Ainsi, un plan financier concret pour les mesures du plan sur la biodiversité 2011-2020 ne sera pas conclu avant la prochaine Conférence prévue en Inde en octobre 2012.

Pour la Suisse, le résultat de la Conférence signifie qu’elle devra rapidement finaliser sa stratégie biodiversité. Les nouvelles résolutions et conclusions de Nagoya peuvent encore y être intégrées, notamment le fait que la stratégie doit impérativement inclure un plan garantissant les ressources nécessaires à sa réalisation. En outre, la Suisse doit ratifier le protocole de Nagoya dès que possible, et prendre des mesures concrètes pour lutter contre la biopiraterie.

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