Chemin de navigation

le 5 avril 2002

Lausanne, 05.04.2002 - L'ONU doit saisir l'occasion pour interdire les semences "Terminator" avant qu'elles ne soient commercialisées dans les champs des paysans. C'est l'avertissement lancé par un groupe d'ONG aux participants de la conférence de la Convention sur la Biodiversité (CBD) qui se tiendra du 8 au 13 avril à la Haye.

La Déclaration de Berne, ETC group, et ActionAid et d'autres organisations demandent instamment aux délégués à la Conférences des Parties (COP6) de la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique de tenir compte de l'opinion publique mondiale et d'interdire la commercialisation de plantes génétiquement modifiées pour produire des semences stériles, qu'on appelle "semences suicidaires" ou "technologie Terminator".

Ces organisations ont averti les délégué de la CBD que les semenciers géants comme Delta & Pine Land ont l'intention de commercialiser des plantes "Terminator" et que les plus grandes entreprises d'agrochimie et de semence continuent de travailler et d'obtenir des brevets sur la technologie terminator et sur des techniques apparentées visant à contrôler chimiquement la fertitilité de la plante et/ou la germination de la graine.

Avec les plantes Terminator, les paysans se voient empêchés de réutiliser les graines récoltées, ce qui force les agriculteurs à acheter chaque année de nouvelles semences auprès des entreprises multinationales. Un procédé immoral lorsque l'on sait que plus de 1.4 millions de personnes, principalement des paysans pauvres des pays en développement dépendent des semences issues de leur propre récolte.

Terminator a été condamné par des groupes de la société civile dans le monde entier, il a été bannis des instituts de recherche agricole et rejeté par les organes des Nations Unies – y compris par le Dr. Jacques Diouf, directeur général de la FAO, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. L'Inde, le Ghana et Panama ont pris des mesures pour interdire Terminator.

"La CBD doit mettre un terme à Terminator avant qu'il ne soit planté en pleins champs" a déclaré Hope Shand, directeur de recherche pour ETC group. "Terminator est une technologie antipaysanne. Elle n'est toujours pas clairement abandonnée. Il est urgent qu'à la Haye la CBD interdise Terminator et qu'elle protège les droits des paysans et la sécurité alimentaire mondiale."

Devant la forte opposition de l'opinion publique, Monsanto et Syngenta ont promis de ne pas commercialiser Terminator. "La multinationale Gene Giant a pourtant perfectionné la technologie et Syngenta a déposé dernièrement une demande de brevet pour une technologie Terminator le 13 septembre 2001" a déclaré François Meienberg de la Déclaration de Berne. DuPont a obtenu un tout nouveau brevet Terminator le 2 octobre 2001.

La société civile et les organisations paysannes rejettent les arguments selon lesquels Terminator aurait un rôle à jouer pour contrôler la dissémination des gènes modifiés des plantes transgéniques aux plantes apparentées (phénomène nommé "fuite des gènes" ou "gene flow"). "Il est faux de présenter Terminator comme d'un instrument de biosécurité" a déclaré Hope Shand. "Le but ultime de semences stériles n'est ni la biosécurité, ni les bénéfices agronomiques, mais le bioservage".

Les organisations demandent aussi instamment à la CBD de resserrer les restrictions sur la "technologie Traitor". Des plantes 'Traitor' (utilisant les 'Genetic Use Restriction Technologies') sont des plantes génétiquement modifiées dont les caractères (floraison, germination ou système immunitaire par exemple) peuvent être "enclenchés" ou "déclenchés" en appliquant des produits chimiques spécifiques à la plante. "Les plantes Terminator et Traitor détruisent totalement l'idée que les plantes transgéniques visent à nourrir les pauvres" a déclaré Alex Wijeratna, coordinateur de campagne chez ActionAid.

Retour à la page principale