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Textile: le nouveau standard Fairtrade n’améliorera pas les conditions de travail dans les usines

Lausanne, le 21 mars 2016

Fairtrade International dévoile aujourd’hui son nouveau standard pour le textile, censé couvrir l’ensemble de la chaîne de production. Forte de ses vingt-cinq ans d’expérience dans le secteur, la Campagne Clean Clothes porte un regard critique sur ce label: il repose sur des audits sociaux insuffisants, reporte la responsabilité et les coûts de sa mise en œuvre sur les fournisseurs, et ne garantit pas le versement d’un salaire vital. Il ne représente par conséquent aucune avancée pour les ouvriers et les ouvrières.

© Alexandra Wey / Keystone

Consultée dans le cadre de l’élaboration de ce nouveau standard, la Campagne Clean Clothes (CCC), coordonnée en Suisse par la Déclaration de Berne, a déjà fait part de ses réserves à l’organisation faîtière Fairtrade International. Afin d’améliorer les conditions de travail dans l’industrie textile, il est nécessaire d’impliquer l’ensemble du secteur et de contraindre les marques à revoir leur modèle d’affaires. Le nouveau standard publié aujourd’hui ne prévoit rien de tel.

Un instrument inadéquat

Le standard Fairtrade pour le textile certifiera certaines chaînes de production, plutôt que de tenir compte de l’ensemble des activités des marques de prêt-à-porter. Cette approche est insuffisante pour lutter efficacement contre les violations des droits humains et des droits du travail. Le nouveau standard permettra à des entreprises textiles d’estampiller «Fairtrade» certains produits ou certaines chaînes d’approvisionnement, et de polir ainsi leur image à bon compte, tout en continuant à mener 99 pourcent de leurs activités sans rien changer à leurs pratiques.

Des responsabilités reportées sur les fournisseurs

Le nouveau standard ne contraint pas les marques à respecter les droits du travail et ne garantit pas le versement d’un salaire vital aux couturières. Il impose en revanche des contraintes coûteuses aux fournisseurs, sans exiger des sociétés donneuses d’ordre qu’elles revoient leurs pratiques d’achat problématiques.

Des contrôles insuffisants

Pour être efficace, un standard doit inclure des mécanismes de mise en œuvre et de contrôle fiables. Fairtrade International mise essentiellement sur les audits sociaux, bien que leur insuffisance ait été prouvée à maintes reprises. Si le standard prévoit aussi des programmes d’accompagnement, rien n’assure leur financement et leur mise en œuvre à long terme, des conditions pourtant essentielles pour faire évoluer la situation.

Absence de garantie d’un salaire vital

Accorder un label Fairtrade sans qu’un salaire vital ne soit versé aux couturières est trompeur pour les consommateurs et les consommatrices. Le standard tolère en effet une période transitoire de six ans entre le moment de la certification d’un vêtement et l’obligation du paiement effectif d’un salaire vital. Il prévoit en outre qu’un plan de mise en œuvre soit conclu entre les dirigeants des usines et les représentants des employés. Les usines n’auront cependant aucune garantie que leurs clients – les marques – continuent à se fournir auprès d’elles si la hausse des coûts de la main-d’œuvre engendrée fait augmenter leurs prix.

Plus d’informations sur le label «Fairtrade» ici (PDF, 131 KB) ou auprès de:

Géraldine Viret, Déclaration de Berne, +41 21 620 03 05, viret[at]ladb.ch

Un label «Fairtrade» pour le textile?

— Article paru dans la revue Solidaire de la DB

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