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Cambodge: la grève conduit à de nouvelles négociations salariales

La grève nationale au Cambodge n’aura pas duré une semaine! Rappelez-vous: le lundi 13 septembre, quelque 68'380 ouvrières et ouvriers dans 56 usines cessaient de travailler pour demander une hausse du salaire minimum légal. Le mouvement a très rapidement pris de l’ampleur, puisque le troisième jour déjà, près de 201'770 employés dans plus de 100 usines étaient impliqués, soit plus de deux tiers de la main d’œuvre de l’industrie textile du pays. Sous la pression croissante des grévistes, le gouvernement a accepté de se rasseoir à la table des négociations et a convié les syndicats à une rencontre le 27 septembre. Forts de ce premier succès, les syndicats cambodgiens ont décidé, le jeudi 16 septembre, d’interrompre la grève. La Campagne Clean Clothes tient à saluer l’engagement courageux des grévistes et des leaders syndicaux, qui se battent au quotidien pour des salaires de subsistance.

De son côté, la CCC a demandé aux entreprises textiles et aux détaillants dont les produits sont fabriqués au Cambodge (GAP, PUMA, H&M, Inditex/Zara notamment) d’adopter une position claire en assurant au gouvernement qu’une hausse du salaire minimum légal au niveau de subsistance n’aura pas pour conséquence la délocalisation de la production. 

La CCC s’inquiète pour la sécurité des syndicalistes. Suite à la grève, plus de 200 représentants syndicaux ont été renvoyés. De nombreux cas de violences et autres mesures de représailles à l’encontre de syndicalistes ont également été rapportés.  De plus, différentes organisations ont été menacées de plaintes judiciaires.    

Les couturières cambodgiennes protestaient contre l’attitude du gouvernement, qui venait d‘annoncer  que le salaire minimum légal ne serait augmenté que de 5 dollars (pour atteindre 61 dollars par mois seulement), un revenu bien inférieur aux 93 dollars que représente un salaire de subsistance dans ce pays. Malgré un taux d’inflation de 5 à 7%, les autorités cambodgiennes entendaient geler le nouveau salaire minimum légal jusqu’en 2014. Elles devront donc négocier avec les syndicats, qui ont montré qu’ils étaient bien décidés à faire entendre leurs voix.    

Avec un salaire minimum légal de moins de 2 dollars par jour, le Cambodge fait partie des pays dont les salaires dans l’industrie textile sont les plus bas.

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