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Coop, une entreprise à deux visages!

Coop a répondu aux messages de protestation envoyés par bon nombre de consommatrices et consommateurs. L'entreprise suisse cite notamment son engagement social et écologique avec la ligne Naturaline et sa participation à la BSCI. Est-ce vraiment suffisant?

Réaction de Coop suite aux messages de protestation

Madame, Monsieur,

Nous vous remercions pour votre message du 7.9.2010.

Vous désirez savoir ce que Coop entreprend pour l'amélioration des salaires dans la branche du textile?

Vous trouverez des informations en cliquant sur le lien

http://www.coop.ch/pb/site/nachhaltigkeit/node/64228017/64228092/64228245/64228023/64228124/65064947/Lfr/index.html

Meilleures salutations

Coop

Melanie Marti
Resp. adjointe du Service des consommateurs
Membre du management spécialisé

Et voici la prise de position de la Déclaration de Berne/Campagne Clean Clothes suite à ce courriel:

Coop poursuit une double stratégie. Les produits Naturaline répondent à des standards sociaux et écologiques élevés. L’entreprise Remei, qui développe cette ligne pour Coop, est elle-même certifiée SA8000. Dans sa réponse aux messages de protestation, Coop omet de préciser que Naturaline ne représente que 20% de la production propre de l’entreprise. Les 80% restants et les articles d’autres marques que l’entreprise distribue ne sont soumis qu’aux standards de BSCI, qui n’exige pas le paiement de salaires de subsistance. Coop fait partie des membres fondateurs de cette initiative patronale.

Même s’il est essentiel que les entreprises collaborent entre elles afin d’améliorer les conditions de travail, elles devraient le faire en tenant compte de tous les acteurs concernés. Or, BSCI est une initiative patronale. Les syndicats et les ONG, qui jouent un rôle central dans l’identification des problèmes, l’élaboration de solutions et le contrôle des mesures prises, n'ont formellement aucune voix.

De plus, La BSCI ne s’est pas exprimée en faveur d’une hausse des salaires minimums légaux. Le 4 août en effet, alors que les couturières au Bangladesh manifestaient dans la rue, la BSCI laissait entendre sur son site internet que la mise en place de salaires de subsistance compromettrait la compétitivité de ce pays.

En adoptant cette position, BSCI alimente les peurs des gouvernements asiatiques, qui craignent de voir les entreprises délocaliser la production dans des pays où les coûts de production sont plus bas s’ils élèvent les salaires au niveau de subsistance. Au Bangladesh, le nouveau salaire fixé cet été par le gouvernement représente moins de 50% du salaire de subsistance. De plus, les syndicalistes ont été persécutés, incarcérés et réduits au silence. Face à cette situation déplorable, BSCI aurait eu la possibilité d’envoyer un signal clair et de se positionner en faveur de plus hautes exigences aux niveaux social et écologique, ce qu’elle n’a pas fait. 

Pour un véritable engagement, il est grand temps que Coop sorte de l’ombre de la BSCI et se positionne clairement en faveur d’un salaire de subsistance pour tous. Avec la ligne modèle Naturaline, l’entreprise suisse dispose d’une expérience concrète dans le paiement d’un salaire supérieur au salaire minimum fixé par la loi. Elle devrait progressivement garantir un salaire de subsistance à toutes les personnes employées sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. 

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