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Sakhalin II : l’engagement de Crédit Suisse critiqué

Crédit Suisse a annoncé récemment son intention de participer au financement du projet d’extraction de gaz naturel et de pétrole prévu sur l’île de Sakhaline, au large de la Sibérie, et ceci en dépit des dommages environnementaux extrêmement graves qu’il devrait provoquer. De nombreux spécialistes reprochent au projet Sakhalin II d’enfreindre plusieurs conventions internationales sur l’environnement et de mettre en danger les derniers spécimens de baleines grises occidentales au monde. La Déclaration de Berne dénonce la décision de Crédit Suisse, qui une fois encore souligne le manque de crédibilité du groupe en matière de responsabilité écologique et sociale.

Sakhalin II est le plus important site d’extraction gazière et pétrolière en projet dans le monde. Il se compose notamment de trois plateformes offshores, de deux pipelines qui divisent l’île sur plus de 800 kilomètres et de plusieurs installations portuaires et de traitements des hydrocarbures.
Ce projet a été initié par la « Sakhaline Energy Investment Company (SEIC) », société anonyme enregistrée dans le paradis fiscal des Bermudes et dont la moitié des actions sont détenues par la société russe Gazprom. Le géant Shell et les entreprises japonaises Mitsui et Mitsubishi possèdent les autres parts de la compagnie.

Depuis plusieurs années, de nombreux problèmes préoccupent les ONG, les experts mandatés par la SEIC ainsi que plusieurs instituts de recherche et partis politiques russes:

La survie des baleines grises

Les plateformes d’extractions se situent à proximité de l’habitat d’été des quelque 120 dernières baleines grises occidentales. Selon les experts, les mammifères sont dérangés par le bruit et la pollution liés à la construction des installations d’extraction. De plus, plusieurs observateurs relèvent que des baleines risquent d’être tuées ou blessées en entrant en collision avec des cargos, et qu’une fuite de pétrole aurait des conséquences désastreuses sur les derniers spécimens de cette espèce.

Croisement avec des cours d’eau

Les pipelines qui relient les installations de Sakhalin II coupent plus de 1000 cours d’eau sur toute la surface de l’île. Ces infrastructures provoquent de nombreux problèmes liés notamment à la pollution des eaux et à l’accumulation de sédiments, mettant ainsi en danger plusieurs espèces animales.

Poissons et écosystèmes marins

Le projet prévoit aussi que la baie d’Aniva, au sud de l’île, soit draguée pour en faire un canal navigable qui permettra le passage des cargos. Les sédiments accumulés seront ensuite rejetés dans la mer, ce qui causerait de nombreux dommages aux colonies de poissons et risquerait d’éliminer une partie du biotope marin.

Crainte d’une marée noire

Les installations pétrolières de Sakhalin II sont décrites comme potentiellement dangereuses par de nombreux observateurs, car elles sont construites dans une région très froide et soumises à des conditions climatiques extrêmes en hiver. Le projet est également menacé par les secousses sismiques, qui sont fréquentes dans la région. On peut aussi relever qu’après plusieurs années, la SEIC attend toujours l’autorisation des autorités russes relative aux mesures à prendre en cas de catastrophes, qui ont été jugées insuffisantes jusqu’à ce jour.

Protestation dans la région

Le contact avec les habitants de la région est loin de se dérouler de manière idéale. Les habitants des îlots entourant Sakhalin II se sentent lésés par le projet. La plupart de ces populations vivent de pêches pratiquées selon des méthodes traditionnelles ainsi que de la chasse aux rennes, ce qui les rend particulièrement soucieuses et dépendantes de la préservation de leur environnement.

Suite à plusieurs actions de protestation, la SEIC a mis en place un « plan de développement des minorités indigènes de Sakhaline ». Cependant, on peut reprocher au groupe pétrolier de ne pas s’être soucié du bien être des populations locales avant de commencer la construction du projet.

Crédit suisse va à l’encontre des principes de l’Equateur

Le projet Sakhaline II est un véritable scandale. L’attitude de Crédit Suisse viole les Equator Principles, convention datant de 2003 par laquelle dix banques internationales, dont Crédit Suisse, se sont engagées à favoriser les projets respectueux de l’environnement et socialement responsables lors de leurs investissements.

Dans une lettre datée du 8 juillet 2008, la Déclaration de Berne a demandé à Crédit Suisse de se retirer du financement de ce projet dans les plus brefs délais.

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