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Banque africaine de développement (BAD)

Dès 2010, dans le cadre du débat sur le rôle et le fonctionnement des banques de développement, Public Eye a choisi de s’intéresser de près à la Banque africaine de développement (BAD).

Fondée en 1964 par 23 Etats africains, la BAD met à disposition de ses membres les capitaux nécessaires à la réalisation de tâches publiques, comme la construction de routes, d’hôpitaux ou d’établissements scolaires. Le développement d’infrastructures et de l’accès à l’eau et à l’électricité font également l’objet de prêts de la BAD. Contrairement à la Banque mondiale, la BAD finance exclusivement des projets développés dans les Etats membres africains.

La BAD compte près de 80 membres, dont plus de 50 pays africains. Ceux-ci disposent au total de plus de 60% des voix au sein de l’organisme, beaucoup plus qu’à la Banque mondiale, où leur pourcentage est dérisoire. La Suisse est membre de la BAD depuis 1982. Son pourcentage de voix s’élève à 1,5%. Avec l’Allemagne et le Portugal, elle forme un groupe disposant de 5,8%. Ce groupe de vote mandate un des 20 directeurs exécutifs de la banque.

Position de Public Eye

Public Eye déplore le fait que la société civile soit encore trop peu impliquée dans la planification des projets et ne découvre souvent les risques qu’au moment où le chantier démarre. Les projets sont menés sans que les populations concernées aient leur mot à dire, et la pression du secteur privé est telle que les directives sociales et environnementales ne sont pas toujours mises en œuvre de manière complète. Il n’existe aucune directive sur le respect des droits humains ni sur la protection des populations autochtones.

La BAD met en premier lieu l’accent sur des projets d’envergure, comme les grands barrages, les centrales à charbon ou les oléoducs. Ces projets sont souvent et unilatéralement fondés sur la recherche du profit, et ne permettent pas forcément de combattre la pauvreté. Ils ont des conséquences négatives pour le climat, l’environnement et les populations touchées. De plus, ils sont en contradiction avec la rhétorique d’une « banque verte ».

Il est difficile pour les petites et moyennes entreprises de bénéficier de crédits. Si l’impact des crédits est mieux surveillé depuis quelques années, les leçons tirées de ces évaluations ne sont que très peu appliquées aux nouveaux projets.

La BAD manque toujours de transparence dans bien des domaines et refuse de rendre publics les plans pour des projets d’envergure.

Enfin, Public Eye déplore le fait que la BAD traite les plaintes de manière différente, selon qu’elles concernent des projets issus du secteur public ou privé. En cas de recours contre des projets issus du secteur public, toutes les directives opérationnelles sont considérées comme pertinentes et leur mise en œuvre est évaluée. En revanche, les projets issus du secteur privé ne doivent se conformer qu’aux directives sociales et environnementales.