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Politique commerciale bilatérale

En parallèle à ses critiques de principe à l’égard de la politique commerciale helvétique, focalisée sur les accords bilatéraux, Public Eye travaille sur des accords de libre-échange avec des pays spécifiques.

La Suisse dispose actuellement d’un réseau de 28 accords de libre-échange conclus avec 38 partenaires extérieurs à l’UE. Parmi ces pays figurent notamment l’Egypte, la Colombie, le Maroc, le Pérou, la Tunisie, le Panama, le Costa Rica et le Guatemala. A quelques exceptions près, les négociations ont été menées dans le cadre de l'Association européenne de libre-échange (AELE). La Chine fait partie de ces exceptions.

Depuis 2008 déjà, des négociations entre l’AELE et l’Inde sont en cours. L’AELE aimerait aussi conclure des accords de libre-change avec l’Indonésie et la Thaïlande, des pays asiatiques attractifs d’un point de vue économique. En raison de troubles politiques intérieurs, les négociations avec la Thaïlande sont toutefois bloquées depuis plusieurs années. Des négociations ont été amorcées en 2012 avec le Vietnam et la Malaisie, puis en 2015 avec les Philippines. 

Entre accords multilatéraux et accords bilatéraux, ces derniers semblent être la plus mauvaise option pour les pays en développement petits et économiquement faibles. Ceci pour trois raisons:

  • Leur pouvoir de négociation est affaibli, car ils ne peuvent pas s’associer à des pays aux intérêts similaire.
  • La dispersion des faibles ressources humaines et financières dont ils disposent dans les négociations conduit aussi à un affaiblissement de leur pouvoir de négociation.
  • Ils se retrouvent confrontés à des exigences de libéralisation encore plus radicales, non seulement parce que les accords bilatéraux ont pour but affiché d’aller plus loin que les accords multilatéraux, mais aussi parce que le lobbying des multinationales est plus intense dans ce cadre-là. Pour les entreprises, en effet, un franc rapporte davantage s’il est investi dans du lobbying en lien avec des négociations bilatérales que multilatérales.

En parallèle à ses critiques de principe à l’égard de la politique commerciale suisse, focalisée sur les accords bilatéraux, Public Eye travaille sur des ALE avec des pays spécifiques. Disposant de ressources limitées, elle doit se concentrer sur des négociations particulièrement pertinentes, parmi lesquelles figurent actuellement la Chine et l'Indonésie.

En collaboration avec des organisations partenaires, Public Eye a également lutté avec véhémence contre un accord avec la Colombie, en raison de la situation catastrophique de ce pays en matière de droits humains. Même si les intérêts économiques à court terme l’ont finalement emporté, la résistance contre l’accord avec la Colombie a annoncé une ère nouvelle. Pour la première fois, la ratification d’un ALE a suscité des discussions substantielles au sein du Parlement. L’engagement de Public Eye a amorcé un débat de fond sur l’importance des droits humains dans les ALE et conduit un tiers des conseillers nationaux environ à se prononcer contre la ratification (PDF, 37 KB).