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Le terme « banque » englobe plusieurs types d’institutions financières hétéroclites qui se distinguent par la nature de leurs activités commerciales et par les problèmes qui s’y rapportent.

Trois modèles de gestion bancaire sont présentés ici: les opérations d’intérêts (Retail Banking), les services bancaires d’investissement (Investment Banking) et les services bancaires privés (Private Banking).

Le domaine d’activité traditionnel des banques: les opérations d’intérêts

Les opérations d’intérêts englobent toutes les activités associées habituellement aux banques. D’une part, cela concerne la mise à disposition de comptes destinés à mettre en sécurité et à épargner de l’argent, ainsi que l’exécution des transactions financières. D’autre part, des crédits sont octroyés par les banques afin de permettre aux particuliers et aux PME de construire un bâtiment ou d’effectuer un investissement, par exemple. La clientèle reçoit des intérêts de la banque sur l’épargne alors que les emprunteurs en paient. Pour l’argent qui lui a été confié, la banque paie un intérêt inférieur à celui qu’elle reçoit pour les crédits octroyés. Par cette différence d’intérêt, la banque couvre ses frais et réalise un bénéfice.

Les banques alternatives, de nombreuses banques régionales, les caisses d’épargne, les Banques Raiffeisen et les plus petites banques cantonales sont principalement – voire exclusivement – actives dans le créneau des opérations d’intérêts. Les grandes banques travaillent également dans ce secteur, mais leur part dans ce domaine d’activité est devenue insignifiante.

L’activité inverse: les banques d’investissement

Sur de nombreux aspects, les services bancaires d’investissement (Investment Banking) se trouvent à l’opposé des opérations d’intérêts. La clientèle n’est pas formée de nombreux particuliers, mais de gouvernements, de grandes entreprises, de fonds de pension et de hedge funds (fonds de couverture ou fonds spéculatifs). Dans les services d’investissement des grandes banques, il n’y a ni comptes de particuliers, ni crédits octroyés. Les banques d’investissement agissent plutôt comme intermédiaires de financement entre leur clientèle qui a besoin de capitaux et de gros investisseurs à la recherche de rendement.

Les banques d’investissement conseillent et assistent leur clientèle dans le domaine de l’acquisition de fonds sur le marché des titres, que ce soit par l’émission d’actions ou par des emprunts (obligations). Elles planifient également les rachats et les fusions.

De plus, les services bancaires d’investissement mettent au point de nouveaux titres et proposent leurs propres produits dérivés. Le revenu de l’activité bancaire d’investissement ne provient pas de la différence d’intérêt, mais des taxes et des commissions ainsi que du bénéfice (ou de la perte) du négoce de ses propres titres. Dans le monde, les services bancaires d’investissement sont dominés par les banques états-uniennes, alors que les grandes banques suisses font partie des leaders du marché européen. A la suite du grand crash boursier de 1929, les Etats-Unis ont interdit aux banques, entre 1933 et 1999, d’accepter  l’épargne de leur clientèle et d’être simultanément actives dans des opérations sur titres à haut risque. Cela explique pourquoi de pures banques d’investissement ont vu le jour de l’autre côté de l’Atlantique, telles que Bear Stearns, Lehman Brothers, Merrill Lynch, Goldman Sachs et Morgan Stanley.

La chute des banques d’investissement

Les services bancaires d’investissement (Investment Banking) ont joué un rôle important dans la gestation de la crise financière qui a éclaté en 2007 et qui a encore aujourd’hui de graves conséquences dans les pays touchés. Les banques d’investissement ont développé des produits dérivés complexes, par lesquels des risques étaient dissimulés et retransmis. Ces pures banques d’investissement n’ont toutefois pas survécu à la crise car elles disposaient d’un capital propre faible et menaient principalement  leurs opérations avec de l’argent emprunté, ce qui comportait des risques importants:

  • Bear Stearns, la cinquième plus grande banque d‘investissement, a dû accepter sa vente forcée en mars 2008 à l’institut financier J.P. Morgan Chase.
  • Lehman Brothers, la quatrième plus grande banque, a fait faillite en septembre 2008 et a été sauvée par la première banque étatsunienne.
  • La troisième plus grande banque d’investissement, Merrill Lynch, a été reprise par la Bank of America.
  • Les deux dernières banques d’investissement étatsuniennes restantes, Goldman Sachs et Morgan Stanley, ont été transformées en banques d’affaires ordinaires.

Les grandes banques suisses ont atteint leur position d’acteurs majeurs dans l’investissement bancaire mondial notamment par l’achat de banques américaines. A titre d’exemple, Credit Suisse a ainsi repris la banque d’investissement américaine First Boston. La stratégie d’expansion agressive d’UBS aux Etats-Unis a failli causer sa perte. La division Investment-Banking d’UBS a fait de mauvaises spéculations massives dans l’affaire des produits dérivés immobiliers étatsuniens. Avec des pertes à hauteur de 48 milliards de dollars américains, elle était en novembre 2008 la banque européenne qui avait perdu le plus d’agent dans le jeu. Seul le sauvetage par la Confédération l’a préservée de la faillite.

Banques privées: la gestion de grosses fortunes

Les « services financiers privés » (Private Banking) désignent la gestion du patrimoine de personnes fortunées. La clientèle bénéficie d’un service très personnalisé. Pour être admises comme clientes de services financiers privés, ces personnes doivent disposer d’au moins un demi-million à un million de francs. La clientèle des services financiers privés a, par exemple,  accès aux fonds spéculatifs ainsi qu’à d’autres véhicules de placement auxquels la clientèle «ordinaire» des banques n’a pas accès.
Les banquiers privés, tels que Pictet & Cie, sont une particularité helvétique. Ces banques sont naturellement actives dans les services financiers privés, mais elles sont en plus organisées comme des raisons individuelles, des sociétés en nom collectif ou des sociétés en commandite. De ce fait, les propriétaires  engagent leur responsabilité sur leur fortune privée.

Les services financiers privés destinés à la clientèle étrangère sont la véritable spécialité de la place financière helvétique. Dans les services financiers privés, la Suisse est leader mondial de la gestion de fortune avec une part de marché de 27%. La majeure partie de ces montants a longtemps échappé aux autorités fiscales de leur pays d’origine. Sous la pression de l’étranger, la Suisse s’est enfin engagée à adopter une stratégie de l’argent propre. Cependant, les anciens montants non déclarés continuent de poser problème.

UBS et Credit Suisse font partie des entreprises les plus importantes au monde dans les services financiers privés. Les deux grandes banques dominent ce marché en Suisse également. Les banques privées (aussi désignées par l’appellation protégée «banquiers privés») et les agences de banques étrangères sont spécialisées dans les services financiers privés. Les grandes banques cantonales sont aussi actives dans ce domaine.