Chemin de navigation

@Stefan Maurer: Remise de l'initiative pour des multinationales responsables

Le thème de la régulation des entreprises est central pour Public Eye. En tant qu’ONG suisse, nous nous sommes spécialisés dans ce domaine et observons différents secteurs. Public Eye attend des entreprises qui sont domiciliées en Suisse qu’elles prennent au sérieux leur responsabilité sociale et environnementale.

Mais Public Eye ne se contente pas de formuler des revendications. Par des recherches dans des domaines ayant un impact important sur la vie des êtres humains vivant dans les pays pauvres, elle dénonce les situations d’abus et fait pression sur les entreprises dont les pratiques posent problèmes. En œuvrant pour une plus grande transparence, par ses activités de campagne et de lobbying au Parlement, mais aussi en dialoguant avec les représentants des entreprises, elle essaie de faire changer le comportement des entreprises suisses.

Cependant, la transparence, la pression de la société civile et les actions volontaires des entreprises ne permettent que des progrès limités. Pour que toutes les sociétés suisses respectent les normes minimales en matière de droits humains, des mesures juridiques doivent impérativement être prises. Ce n’est qu’ainsi que les entreprises accusant un lourd retard en la matière et les moutons noirs de secteurs qui ne sont pas sous le feu de la critique changeront également leurs pratiques.

S’il existe aujourd’hui en Suisse une vraie discussion sur les entreprises et les droits humains et sur la nécessité d’une régulation dans ce domaine, c’est grâce à la pression exercée par des organisations non gouvernementales comme Public Eye, mais aussi grâce au travail du représentant spécial de l’ONU pour les entreprises et les droits humains. Public Eye a suivi ce processus de près et participé à des consultations et à des discussions avec le représentant spécial et son équipe, ainsi qu’en publiant des prises de position écrites.

Aujourd’hui, Public Eye s’engage avec ardeur pour que les Principes directeurs de l‘ONU soient mis en œuvre en Suisse. En 2011 déjà, elle avait lancé la pétition «Droit sans frontières», au sein d’une large coalition d’organisations suisses de développement, de défense des droits humains, d’organisations environnementales et de syndicats. Elle demandait au Conseil fédéral et au Parlement de prendre des mesures pour que les sociétés domiciliées en Suisse soient tenues de respecter les droits humains et l’environnement partout dans le monde. Cette revendication a été largement soutenue: plus de 135 000 personnes ont signé la pétition qui a été remise au Parlement en juin 2012. Bien que les autorités fédérales aient reconnu les problèmes soulevés par la société civile, elles avaient refusé d’entrer en matière sur la principale revendication de la pétition: aller au-delà des initiatives volontaires des firmes.

C'est pour cette raison qu'en avril 2015, Public Eye et plus de soixante organisations de la société civile ont lancé une initiative populaire pour des multinationales responsables, ouvrant le prochain chapitre de l’histoire de la régulation des multinationales helvétiques. En moins d'une année, la première étape a été franchie: les 140 000 signatures récoltées permettent l'aboutissement de l'initiative, soutenue désormais par 77 organisations. Public Eye a largement contribué à cette réussite en récoltant 40 000 signatures. Elle doit cette performance à la forte mobilisation de ses 25 000 membres et à l'engagement sans faille des bénévoles de ses groupes régionaux, qui ont récolté des signatures dans toute la Suisse et par tous les temps! L'initiative sera déposée au terme du délai imparti pour la récolte de signatures, à l’automne 2016.