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Les tests de médicaments sur des êtres humains, étape centrale du processus de Recherche & Développement, sont souvent menés en parallèle dans plusieurs pays. Pour des raisons stratégiques et par souci de rentabilité, les entreprises les délocalisent de plus en plus souvent dans les pays en développement et, surtout, émergents. Toutes les grandes firmes sont concernées, y compris les suisses Roche, Novartis et Actelion. Nos recherches montrent que cette « mondialisation des essais cliniques » s’accompagne de violations éthiques, dans un climat de grande opacité.

La délocalisation massive des essais cliniques dans des régions où l’accès aux soins n’est pas garanti et où la réglementation est moins stricte pose de graves problèmes éthiques. Malgré plusieurs scandales, les pharmas continuent de violer les standards éthiques universels. Le secteur des essais cliniques demeure très opaque : la moitié des essais cliniques ne sont jamais publiés et les résultats défavorables sont dissimulés ou enjolivés. Cette absence de transparence, néfaste en termes de santé publique, met aussi en danger les personnes qui participent à des essais – souvent plus par nécessité que par choix, comme le montre nos recherches en Ukraine, en Russie, en Argentine, en Inde et en Egypte.

  • Plusieurs millions de personnes participent aux dizaines de milliers d’essais cliniques en cours dans le monde.
  • L’industrie pharmaceutique dépense chaque année 80 à 90 milliards de dollars pour les essais cliniques, soit 60% à 70% du budget de R&D. En 2012, la facture pour Roche et Novartis s’élevait à 7 et 5,5 milliards de dollars.
  • En avril 2013, Roche et Novartis comptaient chacune près de 1000 essais actifs.
  • Pour accéder à de nouveaux marchés et réduire les coûts, les entreprises délocalisent leurs tests dans des pays en développement et émergents. Dans la moitié des cas, elles en délèguent la conduite à des entreprises sous-traitantes.
  • Entre 1991 et 2005, la part des tests menés dans les pays émergents est passée de 10% à 40%. Elle a continué d’augmenter entre 2006 et 2010, alors que le pourcentage d’essais cliniques menés en Europe occidentale et aux Etats-Unis a chuté de 55% à 38%.

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