Salaire vital

© Maik Pflaum / CIR
Dans le monde, 60 à 75 millions de personnes travaillent dans les industries textile et vestimentaire ainsi que dans la fabrication de chaussures. Refuser de verser à ces personnes un salaire vital s’apparente à une violation de droits humains. De nombreuses grandes entreprises de la mode ont leur siège en Suisse, et c’est là qu’elles planifient leurs activités commerciales dans le monde entier. La plupart de ces entreprises ne s'engagent pas à verser un salaire vital et font des affaires sur trois plans : dans les pays producteurs, elles bénéficient de prix d'achat très bas dans les usines ; en Suisse, elles profitent d’une part de marchés lucratifs pour écouler leurs produits et, d’autre part, de taux d'imposition intéressants.
Asia Floor Wage - Comment vivent les vraies victimes de la mode ? Des ouvrières témoignent de leurs conditions de vie précaires et de leur lutte pour un salaire vital. Notre experte Christa Luginbühl explique pourquoi ce sont avant tout les grandes marques qui ont la responsabilité - et la possibilité - d’agir.

Le droit à un salaire vital est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, à l'article 23, alinéa 3 :

« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale. »

En outre, l'Organisation internationale du Travail (OIT) de l'ONU a inscrit le droit à un salaire vital dans diverses conventions, notamment :

  • les conventions 131 et 156 et les recommandations 131 et 135 ;
  • la Constitution de l’OIT de 1919 ;
  • la Déclaration de Philadelphie de 1944 ;
  • et la Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable de 2008.

Qu'est-ce qu'un salaire vital ?

La Campagne Clean Clothes définit le salaire comme un salaire qui

  • s’applique à tous les travailleurs et toutes les travailleuses : aucun salaire ne peut lui être inférieur;
  • est versé dans le cadre d’une semaine de travail standard, qui ne peut en aucun cas dépasser 48 heures;
  • est composé d’un salaire de base pour une semaine de travail standard, paiement d’allocations, de primes ou d’heures supplémentaires non compris;
  • couvre les besoins élémentaires de l’employé·e et de sa famille, en supposant qu’une famille soit constituée de deux adultes et de deux enfants;
  • laisse à l’employé·e une part de revenu discrétionnaire, le montant de ce revenu représentant au moins 10 % du montant nécessaire à ses besoins élémentaires.