Les affaires angolaises de Trafigura

© Robin Hammond/Panos
En février 2013, Public Eye révèle dans une enquête exclusive que la compagnie de courtage pétrolier suisse Trafigura contribue par ses alliances opaques à l’enrichissement d’une caste de dirigeants autocratiques sur le dos de la population angolaise. L’Angola s’ajoute à une longue liste de cas où la Suisse est complice du pillage des ressources naturelles.

Le général Leopoldino Fragoso do Nascimento, ou « Dino », est à la fois conseiller spécial du chef du Bureau militaire de la présidence angolaise et directeur de Cochant PTE, à Singapour, filiale détenue à 100 % par Cochan (Bahamas), qui a conclu une joint-venture avec Trafigura en 2009. Ce mariage a donné naissance à un enfant : DTS Holdings, dirigée par le même Dino ainsi que feu Claude Dauphin, alors président de Trafigura. Officiellement, DTS Holdings est active en Angola dans les infrastructures et la logistique, c’est dans le pétrole qu’elle tire l’essentiel de ses revenus. Le groupe bénéficie d’un contrat SWAP, peut-être l’un des plus importants du monde : il exporte du brut angolais (en quantité inconnue) en échange de quoi il fournit, de 2009 à 2016, l’intégralité des produits pétroliers dont l’Angola a besoin pour sa consommation domestique.

Le manque de transparence et de régulation prévalant en Suisse offrent aux firmes un refuge pour concourir à l’enrichissement de potentats au détriment des populations les plus pauvres de la planète. Nos revendications de transparence des paiements ou d’une autorité de surveillance du secteur des matières premières (ROHMA) apporteraient une solution à ce problème.

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