Exemples de cas: pourquoi l’initiative est nécessaire

Depuis des décennies, les scandales révélés par les médias et les ONG montrent que les mesures volontaires des firmes ne suffisent pas à prévenir les violations des droits humains et les atteintes à l'environnement. De nombreux cas concernent des secteurs dans lesquels des sociétés suisses jouent un rôle central, en particulier celui des matières premières. Public Eye a révélé plusieurs affaires dans lesquels des acteurs suisses sont impliqués.

L’initiative pour des multinationales responsables vise une évidence: lorsque des sociétés profitent du travail des enfants ou polluent des rivières, elles doivent rendre des comptes.

Pratiques douteuses Des affaires emblématique

Plus d'informations

  • Un pesticide de Syngenta empoisonne des agriculteurs en Inde

    © Atul Loke/ Panos Pictures

    En 2017, des centaines de cultivateurs de coton dans le district de Yavatmal, au centre de l’Inde, ont été victimes d’empoisonnements – parfois très graves – aux pesticides. Une enquête de Public Eye a révélé que le «Polo» de Syngenta a joué un rôle important dans ces intoxications. En septembre 2020, de nouvelles recherches et des documents officiels des autorités indiennes ont montré que l’ampleur des cas d’empoisonnements au Polo est plus importante encore que ce qui avait été révélé jusqu’ici. Le Polo est interdit depuis longtemps sur le sol suisse, mais Syngenta continue de vendre ce produit extrêmement dangereux en Inde.

    Si l’initiative pour des multinationales responsables est adoptée, Syngenta ne pourra plus fermer les yeux sur les violations de droits humains commises dans le cadre de ses activités. La multinationale devra cesser de vendre des pesticides extrêmement dangereux aux petits agriculteurs de Yavatmal, car une utilisation sûre de ces produits ne peut pas être garantie dans un tel contexte. Si elle ne change pas ses pratiques, Syngenta devra répondre des violations de droits humains et des dégâts environnementaux occasionnés.

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  • Des négociants suisses inondent l’Afrique de carburants toxiques

    © Fabian Biasio

    Des multinationales suisses profitent de la faiblesse des standards dans certains pays africains pour produire, livrer et vendre des carburants toxiques qui sont interdits depuis longtemps en Europe. Vitol, Trafigura et le Groupe Addax&Oryx possèdent leurs propres réseaux de stations-service ou sont actifs dans la distribution des carburants, tandis que Glencore, Mercuria, Gunvor et Litasco font le négoce de ces produits.

    En 2016, Public Eye a analysé la teneur en soufre du diesel vendu dans huit pays et révélé qu’elle était jusqu’à 378 fois plus élevée que la limite admise en Europe. Les conséquences sur la qualité de l’air et la santé des populations des villes africaines sont dramatiques.

    Si l'initiative est adoptée, les négociants en matières premières devront assumer un devoir de diligence raisonnable: ils seront tenus de reconnaître les risques que leurs pratiques présentent pour la santé de millions de personnes, et de commercialiser des carburants plus propres.

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  • LafargeHolcim met en danger la santé de tout un village

    © Konzernverantwortungsinitiative

    À côté du village d’Ewekoro, au Nigeria, la multinationale suisse LafargeHolcim exploite une grande cimenterie et la carrière de calcaire y attenant. Il y a de la poussière partout : sur les toits, dans les maisons, sur les champs.

    Les particules nocives tombent également dans l’eau que la population d’Ewekoro boit et utilise pour cuisiner. Selon les médecins, les habitants et habitantes souffrent de dommages irréversibles au foie, aux poumons et à la rate.

    Si l’initiative est adoptée, LafargeHolcim devra enfin s'assurer que la population d’Ewekoro ne soit plus exposée aux particules fines dégagées par son exploitation. Si elle ne prend pas les mesures adéquates, les villageois et villageoise pourront porter plainte en Suisse pour demander réparation.

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  • Glencore ou la politique de la moindre responsabilité

    À Cerro de Pasco au Pérou, l’air et l’eau sont empoisonnés aux métaux lourds. Une filiale de Glencore y exploite une mine. Jusqu’à présent, le géant zougois a toujours refusé d’assumer ses responsabilités, en affirmant que la pollution extrême du site était de l’histoire ancienne. Glencore soutient que l’exploitation de sa mine ne viole plus aucun standard environnemental. Pourtant, les conséquences sanitaires restent désastreuses pour la population de cette région, exposée au plomb et à l’arsenic. Près de 2000 enfants présentent une intoxication chronique aux métaux lourds, avec des effets dramatiques : anémie, handicaps et paralysies. Une analyse en laboratoire de cheveux d’enfants a montré que la teneur en plomb a continué d’augmenter ces dernières années.

    Si l’initiative est adoptée, les victimes à Cerro de Pasco pourront intenter une action en justice en Suisse contre le groupe Glencore. L'entreprise de matières premières devra répondre de la pollution et des empoisonnements que ses pratiques occasionnent.

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  • Exploitation et scandales écologiques dans l’industrie textile

    © GMB Akash/Panos

    Entre 60 et 75 millions de personnes travaillent dans l’industrie textile. Leurs revenus ne s’élèvent dans la plupart des cas qu’à une fraction du salaire vital (un salaire qui leur permettrait de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille). Leurs relations de travail sont informelles et précaires, les conditions de travail souvent dangereuses et inhumaines. Les violations de droits humains et les scandales environnementaux sont également monnaie courante à de nombreux autres échelons des chaînes d’approvisionnement.

    Si l’initiative est adoptée, les sociétés suisses de l’industrie textile seront juridiquement contraintes de prévenir activement les violations de droits humains et les dégâts environnementaux sur leurs chaînes d’approvisionnement internationales. L’adoption de l’initiative renforcera les entreprises qui font déjà face à leurs responsabilités en matière de droits humains et de normes environnementales.

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