86 % de la population soutient les objectifs de l’initiative pour des multinationales responsables

Une grande partie des négociants en matières premières échapperait aux dispositions prévues par le contre-projet du Conseil fédéral à l’initiative pour des multinationales responsables tel qu’il est actuellement formulé, alors même que ce secteur connaît d’importants problèmes liés aux droits humains et à l’environnement. Un nouveau sondage représentatif révèle désormais que la majorité des citoyennes et citoyens n’approuve pas cette limitation.
© Coalition pour des multinationales responsables

Le soutien aux objectifs de l’initiative pour des multinationales responsables est très important au sein de la population. C’est ce que révèle un nouveau sondage représentatif réalisé au cours de la deuxième quinzaine de mai : 86 % des citoyennes et citoyens estiment que les multinationales suisses devraient être légalement tenues de respecter les droits humains et les normes environnementales dans le cadre de leurs activités à l’étranger (59 % « oui » + 27 % « plutôt oui »). 

Une grande partie de la population souhaite que les négociants en matières premières puissent être tenus responsables

Le sondage montre également que la proposition du Conseil fédéral de limiter le champ d’application d’une future loi aux multinationales comptant plus de 5 000 employé·e·s et réalisant un chiffre d’affaires de plus de 1,5 milliard de CHF ne bénéficie pratiquement d’aucun soutien au sein de la population : 

52 % des personnes interrogées estiment qu’une future loi devrait s’appliquer à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, 25 % souhaitent que les entreprises du secteur des matières premières au moins soient également soumises aux obligations prévues et seulement 8 % des personnes interrogées soutiennent la proposition du Conseil fédéral de limiter les obligations prévues à quelques grandes multinationales. 

Dominique de Buman, ancien conseiller national du Centre et membre du comité d’initiative commente les résultats du sondage : « Le Conseil fédéral a certes reconnu que la Suisse risquait de prendre du retard en comparaison internationale et a donc présenté un contre-projet à l’initiative pour des multinationales responsables. Malheureusement, ce projet exclut en grande partie le secteur des matières premières, à savoir précisément le secteur qui présente les risques les plus élevés. Le sondage montre que cette approche est mal perçue par la population. La majorité estime que les règles devraient s’appliquer à toutes les entreprises qui présentent des risques de violations des droits humains ou d’impact sur l’environnement. » 

Plus de 100 000 personnes demandent au Conseil fédéral de combler les lacunes du contre-projet 

Au cours des dernières semaines, de nombreux bénévoles ont récolté des signatures à travers tout le pays pour une lettre ouverte qui demande au Conseil fédéral de combler les principales lacunes du contre-projet. Plus de 100 000 personnes de toute la Suisse ont signé cette lettre ouverte. 

Les signataires exigent que les négociants en matières premières à haut risque, qui réalisent des chiffres d’affaires de plusieurs milliards mais n’emploient que peu de personnes, soient également soumis à une future loi sur la responsabilité des multinationales. Ainsi, des entreprises telles que le négociant en métaux genevois IXM ne pourraient plus fermer les yeux lorsque leurs activités génèrent des déchets hautement toxiques. 

Le Conseil fédéral doit également veiller à ce que la chaîne de valeur en aval soit entièrement couverte par la loi, afin de mettre un terme à la vente de pesticides hautement toxiques ou au démantèlement de navires dans les conditions les plus précaires. La Coalition pour des multinationales responsables a remis aujourd’hui cette lettre ouverte à l’Office fédéral de la justice, chargé de la consultation.

Pour plus d’informations :