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Accès aux médicaments et aux tests diagnostics pour le VIH/sida: Roche a encore du chemin à faire

le 4 février 2004

Zurich/Lausanne, 04.02.2004 - Alors que Roche présente ses comptes et son bilan pour l'année 2003 et publie un rapport sur son "Développement durable", la Déclaration de Berne réitère sa demande pour que Roche prenne des engagements concrets et conséquents pour faciliter l'accès aux médicaments et aux tests diagnostics pour le VIH/sida dans les pays en développement. Les politiques de Roche en la matière demeurent insuffisantes.

Roche n'a toujours pas de politique transparente sur ces tests diagnostics dans les pays en développement. L'entreprise bâloise est un des principaux producteurs de test de charge virale qui permet de contrôler le traitement du VIH/sida. Actuellement les prix des tests sont excessivement élevés par rapport aux revenus des patients dans les pays en développement dont l'énorme majorité paient les soins de santé de leur poche. L'accord avec la Fondation Clinton annoncé le 14 janvier dernier n'y change rien: l'accord reste limité à certains pays (Afrique du Sud, Tanzanie, Mozambique, Rwanda, et pays des Caraïbes) et surtout les conditions et les prix ne sont pas publics et restent à négocier pays par pays.

Les prix des deux antirétroviraux essentiels de Roche (Viracept®/nelfinavir et Invirase®/saquinavir) demeurent élevés dans les pays en développement. Cela les rend inabordables pour la majorité des patients et ne facilite par leur utilisation. Le prix est d'environ 1200.- CHF par patient par année pour les pays d'Afrique subsaharienne et pour les pays les moins avancés. Roche propose des prix plus hauts encore pour les autres pays en développement (environ 4000.- CHF par patient par année), même lorsque ces autres pays ont des bas revenus par tête d'habitants (540.- CHF au Vietnam, 971.- CHF en Ukraine, 1160.- CHF au Honduras, 1286.- aux Philippines). Au jeu des négociations pays par pays, les grands pays s'en sortent mieux: après de longues négociations, le Brésil a obtenu en janvier 2004 le nelfinavir pour environ 2500.- CHF par patient par année.

Roche continue de mener une politique ambiguë et limitée en matière de brevets. Roche a renoncé à défendre ses brevets sur ces deux antirétroviraux essentiels dans les pays d'Afrique subsaharienne et les pays les moins avancés, c'est-à-dire dans des pays qui ont peu de capacités pour produire des copies génériques. Une telle concession est modeste. Surtout Roche ne s'est pas engagé à reconnaître que la protection de la santé publique doit passer avant la protection des brevets et que les pays en développement doivent pouvoir adapter leur niveau de propriété intellectuelle à leur niveau de développement, comme le lui a demandé la campagne "Se soigner®: un droit pour tous, aussi dans les pays pauvres" lancée par la Déclaration de Berne et une quarantaine d'organisations suisses en 2003.

Pour la Déclaration de Berne, Roche ne peut pas se contenter de la publication d'un rapport sur le développement durable dans l'entreprise. Roche doit agir concrètement en modifiant ses politiques de prix et de brevets pour faciliter l'accès aux médicaments et aux tests diagnostics dans les pays en développement.

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