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Dirty Diesel: Trafigura continuera de vendre des carburants toxiques

Genève/Lausanne/Zurich,


Près de 20'000 personnes ont signé la pétition demandant à Trafigura de s’engager à ne vendre que des carburants conformes aux normes européennes partout dans le monde. Public Eye a remis aujourd’hui ces signatures, ainsi qu’un conteneur rempli d’air pollué d’Accra, aux bureaux de la société à Genève. Malgré l’indignation massive soulevée par la publication du rapport « Dirty Diesel », qui révélait comment les négociants suisses inondent l’Afrique de carburants toxiques, le géant Trafigura refuse toujours d’assumer ses responsabilités. Au Ghana, la pression publique a poussé le gouvernement à diviser par soixante la teneur en soufre autorisée dans le diesel. Ce succès est un premier pas important pour protéger la santé des populations en Afrique de l’Ouest, victimes de l’augmentation massive de la pollution de l’air .

Retour à l'expéditeur: des centaines de jerricanes remplis d'air pollué de la capitale ghanéenne, Accra, ont été livrés aux bureaux de Trafigura avec près de 20 000 signatures.

Au rythme des percussions africaines, Public Eye a livré aujourd’hui un conteneur rempli d’air pollué de la capitale ghanéenne, Accra, aux bureaux de Trafigura à Genève. Par ce « Retour à l’expéditeur » symbolique, l’organisation et ses partenaires ont invité une fois encore le négociant à cesser de profiter de la faiblesse des réglementations en vigueur en Afrique pour produire et vendre des carburants à haute teneur en soufre, très polluants. Même si Trafigura a accepté de recevoir la pétition, la société continue de se cacher derrière le respect des lois en vigueur dans les pays où elle opère. L’attitude passive de Trafigura, qui s’est pourtant fixé pour objectif de devenir un leader en matière de responsabilité sociale d’entreprise, reflète bien l’état d’esprit d’un secteur faisant passer le profit avant tout. Egalement concernées par les révélations de Public Eye, Vitol, Addax & Oryx, Mercuria et Glencore ne sont elles aussi disposées à agir que sous la contrainte de réglementations plus fortes, au mépris de la santé de millions de personnes.

Si les sociétés suisses refusent d’assumer leurs responsabilités, la campagne menée par Public Eye et ses partenaires africains a provoqué de vives réactions dans de nombreux pays, et des changements politiques sont déjà en marche. Sous la pression de l’opinion publique, le gouvernement ghanéen a annoncé un renforcement significatif des standards. Dans le cadre d’une rencontre organisée début novembre par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, la National Petroleum Authority s’est engagée à réduire drastiquement la teneur en soufre autorisée dans le diesel, passant de 3000 à 50 parties par million (ppm), soit une teneur proche de la norme européenne (10 ppm). Ce nouveau standard sera mis en œuvre dès mars 2017 pour les importations. La raffinerie nationale TOR, couvrant 15% de la consommation domestique, devra quant à elle fournir du diesel à 500 ppm dès cette date. Elle aura jusqu’à 2020 pour s’aligner sur le nouveau standard. Des investissements devront être réalisés afin de doter la raffinerie d’unités de désulfurisation capables de produire ces carburants de meilleure qualité.

La décision essentielle prise par le Ghana ouvre la voie aux autres gouvernements d’Afrique de l’Ouest, qui se rencontreront en décembre à Abuja, au Nigeria, afin d’empoigner cette question. Dans la zone ARA (Amsterdam-Rotterdam-Anvers), où la « qualité africaine » est principalement produite, l’affaire a aussi fait scandale. Aux Pays-Bas, des discussions politiques sont en cours afin de mettre un terme à la complicité d’Amsterdam dans ce modèle d’affaires illégitime. Avec ses partenaires africains, Public Eye poursuivra son combat contre les carburants toxiques. Les sociétés qui fabriquent et vendent ces produits dangereux, les Etats exportateurs et les gouvernements des pays concernés doivent agir sans tarder afin de garantir le respect du droit à la santé des populations.

Plus d’informations ici ou auprès de :

Géraldine Viret, responsable communication, Public Eye, 021 620 03 05, geraldine.viret[at]publiceye.ch
Marc Guéniat, enquêtes, Public Eye, +41 21 620 03 02, marc.gueniat[at]publiceye.ch

Des photos de notre action à Genève sont disponibles sous réserve des droits d’auteur: © Mark Henley / Panos

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