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le 6 décembre 2007

Lausanne, 11.10.2007 - L’ONG chinoise SACOM lance une action publique pour que les sous-traitants de Disney respectent enfin les lois du travail. La Déclaration de Berne (DB) soutient la campagne de SACOM et la transmet à Disney Suisse.

Saint Nicolas doit certainement être au courant des abus dans les usines chinoises de Disney. Au lieu de cadeaux, la multinationale du divertissement devrait plutôt recevoir des coups de bâton. «Nous travaillons souvent 350 heures par mois, en saison haute jusqu’à 400 heures» explique Cui, 31 ans, employé par Haowei Toys de Shenzhen, l’un des sous-traitants de Disney en Chine. Il ajoute que «les heures supplémentaires ne sont pas payées, ou alors de manière totalement insuffisante». Chez Tianyu et Yonglida de Dongguan, autres sous-traitants de Disney, les droits des travailleurs ne sont pas respectés non plus. Depuis plusieurs années, l’ONG chinoise SACOM (Students and Scholars against Corporate Misbehavior) essaie, sans succès, d’établir un dialogue constructif avec Walt Disney. Aujourd’hui, SACOM passe à l’offensive. Depuis septembre 2007, elle publie chaque mois un rapport sur l’une des usines à scandale de Disney (voir www.sacom.hk). La DB rejoint l’action de SACOM et appelle à soutenir le personnel de Haowei par une lettre de protestation contre Disney, disponible sur le site de la DB.

Les mauvais traitements subis par les employés des usines chinoises sont en contradiction totale avec l’esprit des films Disney. Par conséquent, la DB a transmis la plainte de SACOM à Disney Suisse, afin qu’elle exige de sa société mère le respect des droits fondamentaux du travail. Ce ne sont pas seulement les conventions internationales et les lois chinoises qui sont constamment bafouées, mais également le code de conduite de Disney. Selon Stefan Indermühle de la Déclaration de Berne, «si les droits d’auteur étaient aussi peu respectés que ceux du travail, cela conduirait le groupe Disney à la ruine.»
Il y a plus de dix ans, Disney a établi un code de conduite définissant les normes sociales à respecter par tous ses sous-traitants. Or, celles-ci sont ignorées. «Il est clair que le code n’est qu’une ligne de conduite, pas une garantie», souligne Jim Leung, responsable régional du programme des normes de travail de Disney. Début novembre 2007, il a rencontré à Hong Kong une délégation de SACOM et de l’ONG autrichienne Südwind. «Lorsque nous entendons parler d’irrégularités, nous nous rendons sur place et tentons d’y remédier» précise-t-il. Toutefois, malgré des irrégularités avérées, la fabrique Tianyu bénéficie d’un certificat du Conseil international de l’industrie des jouets (ICT). En délivrant des certificats trompeurs et en fermant les yeux sur les conditions de travail réelles au sein de l’industrie, le Conseil se rend complice de telles dérives.

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