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le 8 septembre 2011

Lausanne, 8.09.2011 - Moins d’un trimestre après son entrée en Bourse, le géant zougois des matières premières Glencore s’est fendu pour la première fois de son histoire d’un rapport supposé évaluer la durabilité de ses activités. Si Glencore pensait montrer par cette volumineuse publication qu’elle est désormais entrée dans la cour des grands, celle des multinationales minières coutumières de ce genre d’exercice, l’objectif est loin d’être atteint. Ce rapport souligne avant tout le chemin que Glencore doit encore parcourir pour devenir une entreprise responsable, en conformité avec les meilleures pratiques sociales et environnementales en vigueur au niveau international.

Le rapport de durabilité de Glencore (Glencore sustainability Report 2010) est loin d’être un modèle du genre. Selon les normes actuelles, un tel rapport devrait contenir les éléments suivants: une représentation des principaux problèmes que l’activité centrale de la firme pose du point de vue du développement durable; des objectifs visant à résoudre ces problèmes; des indicateurs permettant de mesurer jusqu’où ces objectifs sont atteints. On cherche en vain de tels éléments dans le rapport de la multinationale, qui se contente d’énumérer des chiffres sortis de leur contexte et de présenter quelques projets philanthropiques à l’intention d’un public crédule.

Glencore semble bloquée aux toutes premières étapes des discussions sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, lorsque celles-ci confondaient encore leurs devoirs en la matière et les projets caritatifs, auxquels s’apparentent la plupart des exemples concrets mis en avant par le géant zougois dans son rapport. Plutôt que de communiquer sur des puits d’eau potable installés çà et là, Glencore ferait mieux de présenter les mesures concrètes par lesquelles elle compte minimiser la pollution des eaux résultant de ses activités extractives.

Des chiffres concrets ne sont publiés qu’au compte-gouttes dans le rapport. Plutôt que de dissiper l’opacité entourant ses propres activités, Glencore préfère soutenir des initiatives de transparence qui visent à placer des Etats – et non des multinationales – sous la loupe. Glencore déclare pour la première fois dans son rapport de durabilité vouloir soutenir l’initiative ITIE visant la transparence internationale dans le domaine extractif. Dans les 35 pays membres de cette initiative, tous les paiements effectués par les entreprises extractives à des organisations étatiques sont rendus publics et comparés entre eux. C’est une façon assez efficace de découvrir les détournements de fonds publics, souvent liés à l’exploitation des ressources naturelles. Que Glencore déclare soutenir l’initiative ne l’oblige à rien. Car les entreprises soutenant l’initiative n’ont pas à être plus transparentes que d’autres firmes. Et leurs comportements nuisibles, par exemple l’évasion fiscale agressive que Glencore commet en Zambie, ne sont pas couvertes par l’ITIE.

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