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Licenciements chez un fournisseur sri-lankais de Bata

Lausanne, le 5 décembre 2014

Il y a une année, 200 employés de l’usine de chaussures sri-lankaise Palla & Co ont été licenciés parce qu’ils s’étaient syndiqués et demandaient une hausse salariale. L’essentiel de leur production était destinée à la société Bata. Au lieu de chercher une issue à ce conflit, cette société familiale, dont le siège est à Lausanne, a jusqu’à présent refusé d’affronter ses responsabilités.

© FTZ & GES Union

En août 2012, le fabricant de chaussures Bata, qui emploie plus de 34’000 employés et employées dans 60 pays, était le principal client de la société Palla & Co, dont les activités de production sont situées dans la zone franche sri-lankaise. A cette période, l’usine de chaussures a refusé de verser à ses salariés la hausse salariale semestrielle qui leur avait été octroyée dans des négociations antérieures. Une année plus tard, les ouvriers et ouvrières se sont mis en grève et ont réclamé les hausses salariales promises. 15 représentants syndicaux ont été licenciés dans un premier temps, un sort bientôt partagé par 179 autres salariés syndiqués. Certains d’entre eux ont été réengagés, à la condition de s’abstenir de toute activité syndicale. Plus de 100 salariés et salariées se battent toujours pour leur réintégration. La direction de Palla serait en outre intervenue auprès d’autres usines afin de décourager l’engagement de ses collaborateurs et collaboratrices licenciés, ce qui explique que plusieurs d’entre eux ne soient toujours pas parvenus à se faire réembaucher.

Disposant d’une fortune estimée par le magazine Bilan à quelque 3 ou 4 milliards de francs, le petit-fils du fondateur de la société, Thomas G. Bata, est l’un des suisses les plus riches. Il réside au bord du lac Léman, et n’apparaît guère en public. Confrontée aux violations du droit du travail, sa société a reconnu que son principal sous-traitant sri-lankais avait violé le code de conduite interne de Bata. Par ailleurs accusée récemment de dumping salarial dans ses 50 magasins suisses, cette dernière n’a pas pour autant cherché à trouver une solution au conflit du travail survenu au Sri-Lanka. A la fin 2013, soit une année et demi après le début de ce conflit, Bata a mis un terme à ses relations d’affaires avec Palla & Co. Cette attitude constitue une violation crasse de la responsabilité d’entreprise de respecter les droits du travail. Les pratiques de Bata sont particulièrement choquantes si l’on considère la situation d’urgence dans laquelle se trouvent les salariés et salariées licenciés.

La Campagne Clean Clothes (CCC), représentée en Suisse par la Déclaration de Berne, demande à la société Bata de prendre ses responsabilités en négociant une solution acceptable à ce conflit du travail avec le syndicat sri-lankais représentant le personnel licencié.

Davantage d’informations ici ou auprès de :
Géraldine Viret, Déclaration de Berne, viret@ladb.ch, +41 (0)21 620 03 05

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