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Matières premières: le sommet de Lausanne ignore le débat sur la transparence

le 15 avril 2013

Lausanne, 15.04.2013 - Le second «Global Commodities Summit» qui débute aujourd’hui à Lausanne souligne l’importance de la Suisse comme leader mondial du négoce des matières premières. Toutefois, cette réunion occulte les problèmes que soulève ce secteur. Les processus politiques en cours, tant en Suisse qu’au niveau international, notamment en matière de transparence des flux financiers, sont absents des discussions.

En avril dernier, la Suisse officielle, représentée par le secrétaire d’Etat Alexander Karrer, avait eu le dernier mot lors du premier sommet organisé par le Financial Times (FT). Cette année, les représentants de la Berne fédérale ou de Bruxelles brillent par leur absence dans le programme des discussions. Pourtant, les conseillers fédéraux, porteurs du Rapport sur les matières premières publié le 27 mars dernier, n’auraient pu rêver d’une meilleure occasion pour exprimer aux responsables des géants de la branche comment ils entendent instaurer une «place de négoce transparente et socialement responsable», selon la première recommandation du «Rapport de base: matières premières». Pour l’Union européenne aussi, le sommet de Lausanne eût été le lieu idéal pour présenter aux entreprises actives dans les matières premières leurs nouveaux devoirs de publication, autour desquelles un consensus a été trouvé la semaine dernière.


Précisons que les nouvelles directives européennes, qui entreront en vigueur dans le courant de l’été, s’appliqueront uniquement aux activités d’extraction minière. L’activité de négoce, dont la Suisse est la plaque tournante, n’est pas englobée et demeure, par conséquent, le «trou noir» qui tient en échec les efforts à l’échelle mondiale en faveur de davantage de transparence dans l’industrie des matières premières. Et ce trou est énorme: dans son édition de ce jour, le FT estime les bénéfices des négociants à près de 250 milliards de dollars au cours des dix dernières années. Parallèlement, de plus en plus de négociants de matières premières établis en Suisse martèlent que la responsabilité des entreprises serait – pour leur entreprise aussi – désormais un mot d’ordre. En réalité, c’est surtout dans les domaines des relations publiques et du lobbying que la branche a sensiblement renforcé ses activités.

La DB se rend au «Global Commodities Summit». Elle entend vérifier si les ombres au tableau, à savoir les problématiques sociales et environnementales ainsi que les flux financiers illicites, seront effectivement thématisées dans le cadre de ce grand rendez-vous. Ou si, à l’inverse, les acteurs de la branche privilégient, une fois de plus, le scénario du statu quo

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