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Mise en garde pour UBS et Credit Suisse: la banque asiatique de développement abandonne un projet à haut risqu

le 3 avril 2008

Lausanne, 07.04.2008 - La Banque asiatique de développement (BAD) a refusé de soutenir le projet controversé d'une mine de charbon à ciel ouvert à Phulbari, au Bangladesh. Un tel geste démontre à quel point ce projet de la société britannique GCM Resources ne respecte pas les normes écologiques et sociales. Les banques suisses, dont UBS et Credit Suisse, doivent elles aussi immédiatement prendre leurs distances avec cette entreprise.

La BAD a subitement annoncé son retrait par l’intermédiaire de son directeur de la division du secteur privé. Le conseil d’administration de la BAD avait pourtant prévu de se prononcer sur un crédit de 100 millions de dollars ainsi qu’une garantie de risque de 200 millions de dollars le 3 juin. Les raisons de ce retrait sont toutefois évidentes. Située dans l’une des régions les plus fertiles du pays et relativement épargnée par la mousson, la mine à ciel ouvert affecterait directement jusqu’à 350 000 personnes. La résistance locale contre le projet est très forte, provoquant un grave conflit avec les autorités. En août 2006, les forces paramilitaires ont ouvert le feu sur une manifestation réunissant 50 000 personnes, en tuant cinq et en blessant plus de 100. Les bureaux locaux de GCM ont ensuite été ravagés et leurs employés ont dû fuir Phulbari.Avec 11,6% de parts, UBS est le deuxième plus gros actionnaire de GCM Resources. Credit Suisse participe pour sa part à hauteur de 3,66%. Phulbari est le seul grand projet de la start-up GCM Resources. Le projet, qui prévoyait une mine de charbon à ciel ouvert atteignant jusqu’à 300 mètres de profondeur ainsi qu’un port pour l’exportation dans la forêt de mangroves des Sundarbans, elle-même classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, serait une catastrophe à la fois écologique et sociale. En réponse à une lettre de la DB et de ses organisations partenaires envoyée l’année dernière, UBS et Credit Suisse ont précisé qu’une part non spécifiée des actions de GCM était mise à disposition des clients. Mais de telles excuses n’autorisent pas les banques à se soustraire à leurs responsabilités.Anne-Kathrin Glatz, responsable du dossier Finances internationales à la Déclaration de Berne, affirme que: «Les débats autour des fonds des dictateurs et du blanchiment d’argent ont poussé UBS et Crédit Suisse à exclure certains types de clients. De même, une banque ne doit pas traiter avec des entreprises douteuses, même en tant qu’intermédiaire.» Elle conclut: «Les milliards de pertes de ces derniers mois révèlent l’étendue des dysfonctionnements dans la gestion des risques financiers par les banques. Le soutien d’UBS et Credit Suisse pour GCM Resources montre que les banques continuent d’évaluer avec la même légèreté que par le passé les risques sociaux et écologiques que peuvent présenter des projets comme celui de Phulbari.»

 

 

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