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Négociations de l'OMC:plate-forme privilégiée pour l'industrie des services?

le 14 février 2005

Lausanne, 14.02.2005 - Des négociations intensives sur le secteur des services ont lieu en ce moment et pour trois semaines à l’OMC. A cette occasion, l’OMC ouvre grandes ses portes aux banques et aux assurances. Les ONG qui plaident pour des règles commerciales équitables et adaptées aux besoins locaux n’y sont quant à elles pas admises.

Lors de ces négociations, qui ont lieu en ce moment à Genève, le lobby de la branche financière est particulièrement actif. Ainsi, “ The Financial Leaders Group ” (composé de plus de 40 PDG de banques et d’assurances) a organisé la semaine dernière à l’OMC plusieurs rencontres bilatérales avec des pays industrialisés et en développement. Ce groupe a par ailleurs dirigé un séminaire d’une demi-journée sur le thème “ De l’utilité d’une libéralisation du marché des finances pour les pays en développement ”. Le secteur des finances réagit ainsi aux offres hésitantes de libéralisation des pays en développement.

“ Il est scandaleux que l’OMC mette à disposition de l’industrie des services une plate-forme de relations publiques ”, estime Marianne Hochuli de la Déclaration de Berne. “ C’est une manière de faire croire que ce qui profite aux affaires de quelques-uns constitue également la meilleure solution pour le développement de tout un pays. ” La Déclaration de Berne affirme au contraire qu’un marché financier libéralisé et dérégulé fait courir un grand danger à l’architecture financière d’un pays - comme l’a montré la crise asiatique de 1997/1998. De plus, la difficulté d’accès au crédit risque par là de s’accroître encore pour les populations les plus pauvres. Même des institutions comme le FMI, qui en principe appuient une ouverture du secteur financier, soulignent que les pays ont d’abord besoin d’institutions et de normes pour une surveillance efficace des banques.

La Déclaration de Berne demande à la délégation commerciale suisse de ne pas seulement défendre les intérêts des banques et assurances suisses, mais également de tenir compte des problématiques du développement. Dans le cas contraire, la promesse du gouvernement suisse de soutenir les Objectifs de l’ONU du Millénaire (c’est-à-dire de réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015) restera lettre morte.

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