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Syngenta à l’origine d’empoisonnements massifs en Afrique de l’Ouest

le 13 décembre 2010

Communiqué de presse du 13 décembre 2010 - Nouvelle preuve à charge contre le produit phare de Syngenta: une étude récente montre que le Gramoxone (contenant la substance active paraquat) est le produit à l’origine du plus grand nombre d’empoisonnements aux pesticides au Burkina Faso. Sur la base de ce résultat accablant, le Burkina Faso demande à ce que ce produit de Syngenta soit inclus dans l’annexe à la Convention de Rotterdam listant les produits chimiques et pesticides dangereux.

Le 12 décembre dernier, le secrétariat de la Convention de Rotterdam a rendu public la demande du Burkina Faso d’inclure le pesticide hautement dangereux Paraquat dans l’annexe de la Convention. Cette décision aurait des répercussions majeures pour l’exportation du produit phare de Syngenta dans les pays en développement. Celle-ci devrait alors être soumise à la procédure de consentement préalable éclairé des pays d’importation, et cette autorisation serait loin d’être automatique. Beaucoup de pays tiendront compte en effet de l’interdiction du Paraquat en vigueur au sein de l’Union européenne avant de prendre une décision.

Le Burkina Faso justifie sa requête sur la base d’une étude publiée récemment montrant que sur 296 empoisonnements aux pesticides avérés, 54 sont à mettre sur le compte de l’herbicide Gramoxone de Syngenta. Ce dernier se distingue ainsi clairement comme le produit conduisant au plus grand nombre d’empoisonnements aux pesticides dans le pays. Les symptômes comprennent des maux de tête, des problèmes visuels, des vomissements, allant jusqu’à la destruction complète de la peau contaminée, des évanouissements et des difficultés respiratoires.

En parallèle à la demande du Burkina Faso, neuf autres pays d’Afrique de l’Ouest sont en train d’initier des démarches en vue de l’interdiction totale du produit. «Syngenta sait depuis plusieurs années que l’utilisation du Paraquat entraîne des conséquences sérieuses sur la santé, en particulier dans les pays en développement. Malgré les victimes, le géant bâlois poursuit la promotion de son produit, en contradiction avec sa responsabilité sociale d’entreprise. L’initiative du Burkina Faso à pouvoir disposer de plus d’atouts dans son jeu est dès lors à saluer vivement» estime François Meienberg, responsable du programme alimentation & biodiversité de la Déclaration de Berne.

«Il est encourageant de voir le Burkina Faso agir de manière proactive afin de protéger les agriculteurs et les communautés rurales contre les empoisonnements et maladies dus aux pesticides comme le Paraquat de Syngenta. Chaque pays et communauté doit pouvoir disposer d’informations transparentes sur les pesticides, et a le droit d’interdire leur utilisation» affirme le Dr. Abou Thiam, Directeur exécutif de Pesticide Action Network (PAN) Afrique, basé à Dakar, Sénégal.

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