Indonésie

© Brot für alle (BFA)
En 2006 déjà, alors que des négociations en vue d’un accord de libre-échange entre l’AELE et l’Indonésie débutaient, Public Eye et d’autres organisations partenaires des pays membres de l’AELE ont invité une délégation d’ONG indonésiennes afin d’attirer l’attention sur les préoccupations de la société civile indonésienne concernant cet accord.

Lors de plusieurs rencontres à des fins de lobbying, les délégués ont clairement souligné les conséquences négatives probables d’un accord de libre-échange avec l’AELE. Outre la critique des revendications habituelles pour la libéralisation du secteur financier et le renforcement des droits de propriété intellectuelle, un représentant d’une ONG a lancé un appel : « les accords de libre-échange sont des instruments cachés permettant d’assurer les privilèges et la richesse des multinationales et les intérêts des gouvernements puissants. »

« Le gouvernement indonésien doit impérativement tenir compte de la population indonésienne et déterminer quel type de politique commerciale sert ses besoins urgents et ses intérêts. »

L’exonération contestée des droits de douane sur l’huile de palme

Après quinze tours, les négociations amorcées n’ont toujours pas abouti, notamment en raison de la demande indonésienne d'exonération des droits de douane sur l’huile de palme (cf. accord avec la Malaisie).

Des organisations de la société civile des deux pays s’y opposent fermement, car un produit dont la production occasionne de graves violations de droits humains et dégâts environnementaux ne devrait pas bénéficier de conditions avantages pour pénétrer sur le marché suisse.

En raison de l'expansion de la culture des palmiers à huile, la population indigène est dépossédée de ses terres et de ses moyens de subsistance. D'immenses étendues de forêt tropicale sont détruites et les personnes déplacées n'ont d'autres choix que de devenir des travailleurs journaliers dans les plantations, où ils s'échinent dans des conditions de travail déplorables et pour des salaires de misère.

Dans une lettre ouverte adressée au conseiller fédéral Schneider-Ammann et au gouvernement indonésien, une vaste coalition d’ONG et d’organisations paysannes suisses, en collaboration avec l’organisation indonésienne de défense des droits humains et de l’environnement WALHI, demande que l’huile de palme soit exclue de l’accord de libre-échange.