Gunvor au Congo

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Public Eye a enquêté durant deux ans sur des contrats très lucratifs obtenus par Gunvor en République du Congo. Dans un rapport publié en septembre 2017, nous dévoilons les pratiques dou-teuses du 4ème négociant en pétrole indépendant au monde. Pour faire main basse sur l’or noir congolais, Gunvor s’est entouré de personnages sulfureux et a versé des commissions mirobolantes. Depuis 2011, la société genevoise impute ces malversations à un ancien employé. Les faits révélés par Public Eye prouvent que les affaires troubles ont continué bien après son licenciement. Pour relancer ses affaires à Brazzaville, Gunvor a pris des risques inouïs.

Rapport: Gunvor au Congo

pétrole, cash et détournements.
les aventures d'un négociant genevois à Brazzaville

Plongeon dans les eaux troubles du négoce des matières premières, notre enquête (PDF, 6.4 MB) relate les affaires de Gunvor en République du Congo, un pays où la corruption est endémique. Cette société genevoise longtemps spécialisée dans la commercialisation du pétrole russe a tenté de se diversifier dès la fin des années 2000 en s’approvisionnant en Afrique. Pour se ménager une place au Congo, un marché convoité et risqué, le quatrième négociant de pétrole au monde a su jouer la carte de sa proximité avec le Kremlin, au moment où il réfutait publiquement de tels liens.

En 2011, Gunvor décroche le Graal en obtenant un très profitable contrat de brut de la compagnie pétrolière nationale du Congo. La société genevoise octroie aussi des prêts qui alimentent l’État, en violation des engagements internationaux conclus par Brazzaville. La firme n’hésite pas à recourir aux services d’intermédiaires au profil douteux.

Public Eye documente également la réaction de Gunvor lorsque l’affaire a été révélée. La société a alors accablé un ancien employé, accusé d’avoir agi à son insu et à son détriment. Sur la base d’informations exclusives, Public Eye peut démontrer que des affaires problématiques ont continué à être pratiquées bien après.

La stratégie de communication de Gunvor en 3 points – par Géraldine Viret, porte-parole de Public Eye.

L’histoire de Gunvor au Congo est emblématique des problèmes qui gangrènent le secteur du négoce. Elle montre les conséquences de l’absence de régulation et la responsabilité de la Suisse dans la malédiction des ressources dont sont victimes les populations des pays riches en matières premières, qui restent prisonnières de la pauvreté.

Pourquoi la Suisse doit agir – Andreas Missbach, membre de la direction de Public Eye.

Dans une analyse complétant le rapport, Public Eye expose les leçons qu’il convient d’en tirer. Cette affaire montre que les arguments avancés dans les débats politiques par le secteur du négoce pour s’opposer à toute régulation ne résistent pas à l’examen de leurs pratiques. Public Eye énonce des recommandations à l’attention des autorités suisses afin que celles-ci luttent enfin efficacement contre la malédiction des ressources.

Grâce cette enquête, Public Eye a obtenu que le Conseil des États accepte un postulat d’Anne Seydoux-Christe demandant au Conseil fédéral si La supervision bancaire est suffisante pour juguler les risques de blanchiment dans le secteur des matières premières.

Pour plus d’informations:

Enquêtes en eaux troubles