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Public Eye/DB Campagne Chocolat (2013)

La Suisse doit beaucoup à son chocolat. Et pourtant, le cacao, son principal composant, est souvent produit dans des conditions très éloignées des droits humains et de la tradition humanitaire attachée à l’image de notre pays.

Le cacaoyer est une source de revenus extrêmement importante pour beaucoup de cultivateurs et de cultivatrices. Dans le monde, quelque 5,5 millions de petits paysans cultivent du cacao. Premier exportateur mondial, la Côte d’Ivoire produit environ un tiers du cacao cultivé dans le monde. Le Ghana est en deuxième position, avec plus de 20% de la production. Viennent ensuite l’Indonésie, le Nigeria, le Cameroun, le Brésil et l’Équateur.

Les familles de petits paysans vendent le cacao aux entreprises qui le transforment en produits semi-finis pour les fabricants de chocolat. Le marché mondial de la transformation du cacao et de la fabrication de chocolat est dominé par une poignée d’entreprises. Comme pour de nombreux autres produits, la valeur créée tout au long de la chaîne de production du chocolat profite essentiellement aux pays du Nord. Ainsi, sur les coûts globaux de production d’une tablette de chocolat, à peine 6% reviennent aux pays du Sud (part du cacao).

En Afrique de l’Ouest, dans les régions où le cacao est cultivé, la situation est inquiétante : les revenus sont faibles et incertains en raison des fluctuations de prix, les conditions de travail indécentes.  De nombreux enfants sont encore exploités dans les plantations de cacao.

La part de responsabilité de l’industrie du cacao et du chocolat dans ces conditions indécentes est au cœur du débat, en raison de sa puissance sur le marché. Au lieu de mener des contrôles sur leur chaîne d’approvisionnement et de prendre des mesures pour remédier aux abus, les fabricants de chocolat profitent de la faiblesse des structures étatiques des pays producteurs et se rendent coupables de violations des droits humains.