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A travers le monde, des millions de personnes travaillent dans les industries du textile, du vêtement ou de la chaussure. Ce sont généralement des personnes qui ont un niveau de formation peu élevé. La plupart sont de jeunes femmes, qui sont souvent les seules a avoir un revenu régulier dans leur famille où cohabite plusieurs générations.

L’industrie vestimentaire ne nécessite pas de capitaux très importants et la production ne requiert pas de formation spécialisée. En comparaison avec d’autres secteurs, le seuil d’entrée sur le marché est relativement bas. Souvent, l’industrie vestimentaire est l’une des premières industries à se développer dans des sociétés majoritairement rurales. C’est pour cette raison qu’il est essentiel d’établir des normes pour le respect des droits humains et des droits du travail dans ce secteur. En effet, les conditions de travail dans l’industrie vestimentaire ont des répercussions sur tous les autres secteurs industriels d’un pays.

L’industrie de la mode, une chance pour les pays en développement ?

La plupart des entreprises textiles fonctionnent de nos jours selon le même modèle: elles délocalisent les étapes de la production qui nécessitent beaucoup de travail et nuisent à l'environnement dans des pays à bas salaires, afin de réduire autant que possible les coûts de production, et écoulent ensuite les produits finis sur des marchés plus lucratifs.

Comme la plupart des entreprises ne possèdent pas leurs propres usines, mais mandatent des fournisseurs externes, elles ne se sentent souvent qu’en partie responsables des conditions de production. Elles déclarent qu’elles en font assez en créant des emplois par leurs commandes et en donnant aux pays de production, qui sont pauvres, une chance de se développer. Pourtant, la manière dont fonctionnent les industries mondialisées (notamment celles du textile, du vêtement et de la chaussure) exclut toute possibilité de développement pour les pays de production et les travailleurs.

La menace de délocaliser accroît la concurrence régionale

L’industrie de la mode est championne lorsqu’il s’agit de profiter de la mondialisation: elle ne se contente pas de mettre les usines en concurrence, ce sont des sites régionaux et même des pays qui sont soumis à une concurrence aiguë. Evidemment, les fournisseurs se montrent très exigeants sur tous les plans: productivité, qualité, fiabilité, rapidité et délais de production très courts – et naturellement, les prix doivent rester très bas.

Par conséquent, en raison de la pression sur les coûts, les endroits où la main-d’œuvre est bon marché sont nettement plus avantageux. Pour encourager le développement de leur industrie textile, les gouvernements des pays exportateurs de textiles comme l’Inde, le Cambodge ou le Bangladesh fixent le montant du salaire minimum légal bien en-dessous du salaire vital. Pour ne pas risquer de perdre des investisseurs et pour en attirer de nouveaux, beaucoup de gouvernements prennent des mesures répressives contre les défenseurs des droits humains et des droits du travail. Le réseau de la Campagne Clean Clothes documente les cas de répression, encourage la solidarité et intervient pour soutenir la société civile locale.

La Campagne Clean Clothes

La Campagne Clean Clothes (CCC) est un réseau international d'organisations de défense des droits humains, des droits des femmes et des droits du travail ainsi que de syndicats, qui s'engage pour l'amélioration des conditions de travail dans l'industrie textile. Depuis sa fondation en 1989 aux Pays-Bas, le réseau de la CCC s'est largement développé. D'un mouvement ancré en Europe avec des partenaires dans les pays de production, il est devenu un véritable réseau mondial, qui rétablit non seulement le lien entre les consommateurs et les travailleuses des usines textiles, mais favorise également la mise en relation solidaire des employé-e-s de la chaîne d'approvisionnement des entreprises textiles.

Le réseau de la CCC est aujourd'hui formé de plus de 250 organisations d'Europe et d'Asie qui s'engagent en fonction de leur taille et de leurs moyens pour sensibiliser les consommateurs et consommatrices, faire pression sur les gouvernements et les entreprises et mener des actions de lobbying politique. Elles cherchent ainsi à mettre les entreprises textiles face à leur responsabilité sociale et à améliorer les conditions de travail dans les usines textiles. Différentes plateformes constituent des coalitions régionales pour adresser à l'échelle internationale les problèmes d'une industrie mondialisée.

La CCC Suisse a été fondée en 1999 par Public Eye, Pain pour le prochain et Action de Carême et dirigée par ces associations jusqu'au début de 2003. Depuis, Public Eye coordonne la CCC Suisse, dont les principes sont également soutenus par les organisations et syndicats suivants :